Sauver ou périr

Pendant les gardes aux urgences, les plaisirs sont rares. Quand on la chance de bosser dans un petit hôpital, à partir d’une certaine heure, le rythme se calme un peu, les patients arrivent au compte goutte, et on commence à entrevoir la possibilité d’aller manger. Plus rarement, d’aller se coucher.

On se retrouve en salle de repos, on s’installe. Chacun sort sa boite, pour ceux qui ont l’intelligence de s’amener leur plat. Pour les autres, c’est le plateau « sans résidu », ou le plateau « diabétique » restant, avec son steak haché trop cuit, ses pâtes sans sauce, et éventuellement un morceau d’emmental sans sel sous blister.

Et là, à la première bouchée avalée, systématiquement, irrémédiablement, désespérément, les pompiers arrivent. C’est une constante, une loi universelle. Quand tu passes à table, les pompiers arrivent. Point.

Donc dans mon esprit très pavlovien, les pompiers sont définitivement associés à la frustration de devoir reposer sa fourchette et remettre son repas à plus tard.

Du coup, il faut bien se trouver des consolations. En l’occurrence, c’est leur fiche d’intervention. La fiche d’intervention des pompiers, c’est une espèce de totem sacré. A partir du moment où ils sont sortis, ils notent tout dessus : le pourquoi du comment, l’identité, les antécédents de la « victime » (oui car c’est toujours une victime chez les pompiers), les conditions, le déroulement, etc… Et c’est comme une pochette surprise, ou comme une boite de chocolats. Quand le gars me la donne, je me demande toujours quelle pépite je vais trouver.

On doit leur apprendre un répertoire de situations standardisées. Des tiroirs en quelques sortes. Ce qui donne :

-       « un homme fait un malaise »

-       « une femme est retrouvée blessée à son domicile »

-       « une femme se plaint de douleurs thoraciques »

-       « un homme est retrouvé inconscient… »

Ce qui est des fois complétement en décalage avec la situation. L’homme qui fait un malaise est manifestement un alcoolique qui fait un coma éthylique, la femme retrouvée blessée à qui, plus précisément, il manque un doigt (tu peux pas dire « s’est tranché le doigt dans le mixer » ?), etc…

 

Je ne devrais pas me moquer. Les pompiers, c’est le bien. Les pompiers sont là pour vous sauver. Je les aime bien dans le fond, mais quand on vous amène une victime qui souffre de «spasfonfifi» (spasmophilie), de «tention» (hypertension artérielle), de «depretion», au bout d’un moment, on a du mal à garder son sérieux.

J’ai aussi eu un patient qui souffrait de «crise de quinquicardie» (tachycardie).

 

J’en ai eu un qui avait un «pes mécoeur», un autre qui avait un «Pace Maker (bel effort!) sur la vessie (ah dommage, ça casse tout)». Celui-ci, je n’ai jamais pu savoir ce qu’il avait sur la vessie au final.

Un patient était allergique à la «pennysilliline». J’ai trouvé ça mignon. C’est comme la Pennsylvanie, et ça finit comme une comptine qu’on apprendrait à l’école.

Mais pour être juste, il n’y a pas que les pompiers. Les ambulanciers aussi sont forts à ce jeu là. Ils se sont dit «tiens, pompiers c’est un truc pas mal pour pécho, alors à défaut du camion rouge, on va faire des fiches d’intervention». Mauvais plan les gars. Il aurait mieux fallu en rester à votre uniforme bleu. En plus, ils ont une graaaaande case pour le motif d’intervention, où ils peuvent écrire pleeeeein de conneries.

-       Douleur torasique + mal de tête + fumeur un paque par jour + entecedent de poricardite

-       AVC 10 ans sous trainent médical pour d’autre patologie

Okay, c’est pas gentil de se moquer des bonnes volontés, mais il faut préciser que parfois, les patients n’arrivent qu’avec ça comme tout moyen de transmission médicale. Notamment la petite mamie de 90 ans complétement démente qui vient de sa maison de retraite et qui n’a pas de famille.

Alors quand vous lisez que la mamie en question vous est amenée pour «cancer pencrease à était transfu ce jours 1 température à 38,2 avec vomicements», vous vous posez quelques questions avant de savoir par quoi commencer. D’autant que d’après la fiche en question, la dame qui arrive sans oxygène aurait une saturation à 16%.

Un autre, «trisaumique» de son état, venait pour « varice qui a persé ce matin au réveil avec perte de sang importante sur une surface de 10 m2 »… J’imagine la boucherie, merci pour les détails.

 

Ils ont même mis un schéma de petit bonhomme pour le « bilan lésionnel ». Ce qui avait donné : «motif d’intervention : saignement sexe» et un petit rond autours des parties présupposées dudit petit bonhomme. Des fois que, docteur, vous ayez besoin d’un plan pour localiser.

 

 

Enfin, je voudrais les remercier pour un grand moment de bonheur. Quand je suis d’humeur morose, je la ressors, cette fiche là. Le patient était amené pour « la greppa Nositose ». Voilà, tout est dit. La drépanocytose.

 

Une dernière chose, si quelqu’un avait une idée, je ne sais toujours pas pourquoi ce petit papi venait :

 

NB : okay c’est super facile de se moquer. Mais c’est quand même super injuste : quand les pompiers arrivent, ils sont frais, ils respirent le grand air de la nuit, quand nous on transpire l’air vicié de fluides corporels des urgences, il sont souriants, quand nous on trimbale sous nos yeux des valises dignes d’un japonais en voyage de trois mois à Paris, ils sont dynamiques, jeunes, musclés… Je m’égare. Bref, c’est une basse vengeance.

 
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44 réponses à Sauver ou périr

  1. Docmam dit :

    Mouarf !
    Pour en avoir un à la maison je te rassure : ça a des cernes, ça a du bide, c’est pas toujours frais et dispo, pas toujours jeune et pas toujours dynamique :)
    Et ça nous a aussi occasionné quelques éclats dans le couple : de rire parfois, et d’énervement aussi.
    Ça fait un moment que je ne leur tiens plus rigueur des fautes d’orthographe, ça me fait sourire, mais au final pour des volontaires qui n’ont aucune formation médical on apprécie l’effort d’essayer de retranscrire des termes incompréhensibles parfois pour eux.
    Mais là où ça m’énervait, c’est bien quand rien était noté, la mamie démente envoyé par la maison de retraite sans courrier, sans traitement, et sans motif sur le feuille… on a presque tous eu. Alors ils font ce qu’ils peuvent, à l’arrière du camion, quand on leur vomit dessus et qu’ils doivent repartir derrière pour aller ramasser un poivrot dans le caniveau…

    Et au final on les aime bien quand même ;)

    • drfoulard dit :

      Avec ce billet, je vais me sentir obligé de le dire à chaque fois : j’ai beaucoup d’admiration pour eux. A la maison quand j’ai raconté le coup de le drépanocytose, ça n’a fait rire personne, parce que personne n’aurait su l’écrire au final. C’est évident qu’ils font ce qu’ils peuvent, et on a le chic pour utiliser des termes sortis d’un univers parallèle.

      Donc toutes mes excuses à tous les pompiers qui passeront par ici.

      La prochaine fois, on se moque de moi, promis

      • Docmam dit :

        Nan mais je suis la première à me foutre de leur gueule aussi hein :) Et même mon Ours il se fout de la tronche de ses collègues ;)

        Le nombre de fois où je lui ai dit qu’il n’y avait rien d’héroïque à déposer des mamies aux urgences et se barrer en nous laissant gérer ;)

        • drfoulard dit :

          C’est vrai quand même, les pauvres, c’est limite publicité mensongère! Tu crois que quand ils se disent, tiens, je vais faire pompier pour sauver des vies, ils s’imaginent un instant qu’ils ont plus de chance d’aller ramasser une mamie qui s’est croutée à 3h du matin en allant aux toilettes?

  2. Litchee dit :

    Hihi ;)

    Allez, à mon tour :
    2007.
    Je suis étudiante en lettres. Je ne sais pas ce qu’est une drépanocytose, ni comment ça s’écrit, ni que couic. Même une entorse je ne suis pas bien sûre de savoir comment ça fonctionne, dans le fond.
    J’ai peur des médecins, et aussi un peu peur de la plupart des infirmiers, et je suis carrément terrifiée face à Marie-Géraldine, dite « Marie-Gé », l’aide-soignante qui est là depuis trente ans et qui est pour ainsi dire médecin, car elle a tout vu, tout fait. Elle ne perd jamais une occasion de me remettre à ma place, de préférence devant les patients ou les collègues.
    J’ai aussi peur des internes. Il y en a des gentils, OK, mais ce n’est pas la majorité. Et j’ai encore du mal à me souvenir lequel et lequel.
    Je suis secrétaire remplaçante à l’accueil des urgences. Je travaille en binôme avec un infirmier. Dans un monde idéal, je m’occuperais de tout ce qui est administratif, lui de tout ce qui est médical. Haha. En vrai, on se partage le boulot : un au guichet avec les patients debout, un dans le sas avec les patients couchés.
    En théorie, je peux lui poser toutes les questions que je veux, mais en pratique, il est toujours occupé : à faire une entrée, à brancarder, à prendre une pause café ou déjeuner. Résultat, je suis en général seule face aux patients.
    Ajoutons à ça que c’est l’été dans un hôpital du littoral. Affluence maximum, donc.
    Du coup, pour moi, les ambulanciers et SURTOUT les pompiers, c’est un peu le summum de l’angoisse.
    Ils sont là, ils sont plein, farauds, pressés, pas forcément méga-commodes, et ils me tendent leur feuille froissée sur laquelle ils ont gribouillé ce genre de trucs que je suis censée interpréter en termes de niveau d’urgence et motif d’entrée… Et puis aussi il faut toujours qu’ils récupèrent tel ou tel équipement médical dont j’ignore évidemment où ils sont rangés et si je suis censée les distribuer à tout va comme des hosties.
    Souvent, comme vous dites, le patient sur le brancard est inconscient, dément, alcoolisé, ou juste très très vieux et paumé. L’interrogatoire est difficile, et celui des pompiers l’est presque davantage…
    J’ai passé des journées stressantes, à l’époque. :D

    Heureusement, j’avais fini par acquérir de la bouteille, vu que j’ai bossé trois étés entiers dans ce service d’urgences, plus quelques remplacements au fil de l’année universitaire.
    Mais finalement cette expérience m’a vraiment laissé un sentiment étrange, un genre de complexe d’infériorité. L’impression de ne pas être assez qualifiée pour bosser là, tout bêtement. L’hôpital est ainsi fait que la moindre secrétaire sans aucune connaissance médicale se retrouve tout le temps à accomplir des tâches qui en demanderaient au moins un peu. C’est le syndrome des remplaçantes. Les « vraies » secrétaires médicales sont censées avoir un diplôme, mais pas leurs remplaçantes, qui sont pourtant censées effectuer le même boulot.
    Pourtant, ce qui me plaisait, c’était le contact avec les patients, surtout ceux que j’avais l’impression d’aider un peu. Ça paraît complètement dérisoire comparé à une garde de 24 heures, mais pour moi, c’était difficile de sourire à la fin d’une journée de 12 heures, et à force d’efforts, j’arrivais à le faire quand même. Et cette victoire m’apportait une satisfaction immense parce que je savais qu’à mon niveau, j’aidais un peu ces gens et leurs familles. Au moins, quand tout le monde autour d’eux était sec parce qu’occupé à sauver des vies, moi j’avais le loisir d’être gentille.

    • drfoulard dit :

      Merci beaucoup pour ce témoignage.
      C’est grâce à des gens comme vous, qui prennent le temps d’un échange avec le patient, que leur passage aux urgences, souvent difficile, est moins pénible.
      Nous qui faisons 24 heures comme vous le dites (rassurez vous, ça n’est pas toujours le cas), et qui baignons là dedans en permanence, oublions parfois que ce peut-être une expérience très éprouvante pour les patients et leur famille d’être ici. « De passage », si je peux me permettre, vous en saisissez toute l’importance, et vous nous rappelez à cette réalité.
      J’ai conscience qu’il vous ait souvent difficile d’y comprendre quoi que ce soit à nos termes barbares. Et merci de vous y essayez.
      Promis la prochaine fois, on se moque de moi!

    • Docmam dit :

      Je confirme, j’ai vraiment plaint les secrétaires remplaçantes des urgences quand j’ai eu le cas… Beaucoup de choses reposent sur elles, et quand ça coinçaient, ça s’énervaient dans tous les coins, alors qu’elle faisait ce qu’elle pouvait la pauvre… Et je me suis vraiment dit que c’était ahurissant qu’elle soit balancée là sans plus de préparation !

  3. Marion dit :

    Les pompiers arrivent frais ? Sérieusement ? T’as deja vécu une garde à la caserne ?
    Mon frère est pompier volontaire. Je te passe le fait qu’il risque sa vie pour des vacations minables sans cotisations retraite. Il a pas fait médecine, il est peut être pas le plus doué en orthographe, peut être que leurs formulaires sont un peu idiots. Je pense que s’il te voyait essayer de desincarcérer un homme, dérouler un tuyau pour éteindre un feu, grimper par la fenêtre d’un immeuble pour vérifier si y a pas un mort la dedans… Il se marrerait aussi. Et pourtant, je n’ai jamais entendu de moqueries à l’encontre des médecins.
    Si ça te défoule, tant mieux. Mais c’est facile. Trop peut-être.

    • Docmam dit :

      Nan mais quand il dit « frais », ça veut dire qu’il était dehors par -10° c’est pour ça. ;)
      Et si je te rassure Marion, ils se marrent devant notamment nos piètres performances en secourisme parfois, et ils se foutent de nos gueules aussi; c’est de bonne guerre.
      Et en total respect des 2 côtés.

    • Belkanell dit :

      Nous vivons dans un monde triste. Il y a toujours une « mère la vertu », qui se croit mieux que le commun des mortels pour faire la morale.
      Je plains votre entourage @marion, vous devez être triste comme la mort.

    • lap1.blanc dit :

      Si tu veux vraiment te marrer, demande à un MG de faire une IV. :p

      Là il y a de quoi se plier en quatre. ^^

  4. drfoulard dit :

    Belote et rebelote (cf commentaires précédents) : j’ai beaucoup de respect pour les pompiers, volontaires ou non.
    Je pense avoir fait preuve de suffisamment d’auto dérision jusque là pour me permettre ce billet. Tout ceci est à prendre avec les pincettes du second degré bien entendu, et je ne sous-entends aucunement que les pompiers font un métier facile.
    Mais globalement, les pompiers ont, à mon avis et qui n’a de valeur que celle que je lui donne, une image bien plus valeureuse que celle des médecins aux urgences. C’est un peu l’auto dérision dont je fais preuve ici : celle de faire mine que je réagis comme un sale môme parce que les pompiers y sont plus cool que moi.
    Toutes mes amitiés à votre frère, mes excuses s’il venait à se vexer, et mon profond respect, que je vous prie de bien vouloir lui transmettre.
    NB : si je puis me permettre, vous semblez moins vous offusquer que je m’en prenne aussi aux ambulanciers ;-)

  5. DocteurMilie dit :

    Comme d’habitude, j ai adoré: c est tout d abord du vécu, du véridique mais comme a ton habitude, c est fin, drôle et même dans la douce moquerie plein de bienveillance! Moi même on m a dit que j etais méprisante cette semaine, c vrai qu parfois on peut avoir l impression qu on se moque mais ce n est pas le cas!
    Et celui qui pense que le Dr Foulard peut etre capable d une once de malveillance ne te connait pas du tout et devrait bien lire le reste du blog car si y a bien un vrai gentil c toi!
    Et je suis sure que les pompiers tu les aimes bien :-;

  6. Derek dit :

    Ah ah, merci pour cet article qui permet de ricaner un peu mesquinement face à ces mauvais qui sont sous le feu de la rampe et ont tous les hommages ;b

    (Tiens voila, un commentaire qui ne sera pas sur le ton « Hey mais comment t’ose dire du mal des pompiers ces héros sale tocard)

    • drfoulard dit :

      Encore du soutien. Parfait ;-)

      Et puis, on peut pas tout leur laisser non plus aux pompiers. Ils ont le camion rouge, à nous la mesquinerie. C’est pas avec nos blouses tachées trouées déchirées auxquelles il manque une poche qu’on pourra se la péter!

  7. celine_r83 dit :

    Merci pour ce message sarcastique, j’aime! Je suis interne et on parlait justement de ça ce midi avec mes collègues secrétaires: c’est pas simple pour les secrétaires débutantes!
    Concernant les pompiers qui arrivent aux urg, je te rejoins: ils sont toujours beaux gosses, en forme (enfin ils le paraissent par rapport à nous!), sexy dans leurs uniformes et leurs rangers, j’excuse leurs fautes, ils n’ont pas eu de formation pour ces termes!
    Ma meilleure à ce jour: hérésie pèle …. tellement poétique!

  8. Docteur_V dit :

    Les ambulanciers c’est le MAL !
    Les pompiers c’est le BIEN !
    Que la Force soit avec toi Dark Foulard

  9. Borée dit :

    Moi, je me dis que tu dois quand même avoir une sorte de fixation sur les pompiers pour avoir accumulé toutes ces copies de fiches d’intervention. Non ?

    En tout cas je me suis bien amusé.

    En fait, ce qui m’énerve vraiment là-dedans, ce ne sont pas les pompiers eux-même. Ce sont les crânes d’oeufs qui ont mis ça au point. C’est cette manière de vouloir singer « l’autre » pour se donner une pseudo-crédibilité alors qu’en fait, leur crédibilité, ils la tirent d’ailleurs. C’est exactement comme le « diagnostic infirmier ».
    Les pompiers ne savent pas écrire le vocabulaire médical ? La belle affaire ! Ils n’ont pas fait d’études de médecine. Mais il y a eu des idiots pour leur demander de le faire en comptant que ça ferait plus sérieux. Comme s’ils ne pouvaient pas décrire leurs constatations avec des mots normaux et intelligibles.
    Et comme s’ils avaient besoin de ça pour qu’on reconnaisse leurs compétences.

    P.S. Et le dernier ce n’est pas « Prise de Tanganil » (Tanguinules)

    • Docmam dit :

      Ben j’ai cru lire « crise de Tanganil » aussi…

      Et c’est bien la discussion sérieuse que j’ai eu avec mon pompier aussi : leurs feuilles sont mal fichues, on n’a pas les renseignements nécessaires et une foule de trucs inutiles…
      On ne sait pas qui a passé l’appel, pour quel motif etc.

  10. Valérie de Haute Savoie dit :

    J’aurais dit « crise de tétanie »

    • sylvie087 dit :

      Mdr ! moi j’aurais dit <>
      à la TV il y avait « le mot le plus long »
      ici il y a « le mot le plus mystérieux ».
      Nos pompiers adorés font des fautes, mais ……
      vous n’êtes pas dans les cerveaux fumants des petites employées,
      nouvelles, des pharmacies, penchées sur les ordonnances illlllisibles
      des médecins pas encore informatisés !!!!!!
      aaahlala pas triste non plus.

    • sylvie087 dit :

      zut , erreur involontaire (bien fait pour moi)

      moi j’aurais dit « crise de tendinite »

  11. Souristine dit :

    J’avoue, j’ai ri.

    Je sais, c’est pas gentil de se moquer. Mais au final c’est presque mignon, non, toutes ces pépites?

  12. Habib_Potter dit :

    Excellent billet je me suis bien marré x)

  13. Rilooy dit :

    merci je me suis bien marrée! Comme toi, ça m’a toujours fait rire ces fiches pompiers!
    Et évidemment qu’on les respecte ces pompiers, on sait bien que c’est justement pas leur métier de remplir des fiches pseudo-médicales!
    Une qui me revient là: « une femme fait une dépression dans une pharmacie » :D

  14. Un rouge dit :

    La réalité ! Les comptes-rendus des collègues regorgent de telles choses. La plus jolie que j’ai pu voir : male à la chanbe (ça donne une indication sur la région aussi).
    Vous n’avez pas de fiches-bilan communes SAMU-SDIS ou AMU ?

  15. Litchee dit :

    Je ne l’ai vraiment pas trouvé méchant, ce billet, il n’y a pas de mépris là-dedans.
    Le décalage entre les métiers est simplement drôle…

  16. Claire dit :

    En tant qu’ancien pompier, je peux bien vous le dire, on se fout pas mal de la gueule des toubibs aussi… Genre ceux qui arrivent sur les lieux de l’accident avec des mocassins bien cirés et qui se font gerber sur les pompes (mélange ricard-bière-gros rouge qui tache, pas de mention inutile…), ceux qui te regardent avec des yeux de merlan frit quand tu leur demandes de te passer le CHUT (coussin hémostatique d’urgence, la grosse éponge emballée comme un steack charal… ), ceux qui ne parlent aucune langue étrangère et pour qui tu dois faire l’interprète (Ouère iz Brayane ? Brayane iz ine ze kitcheune.)
    On peut le faire parce qu’on a aussi de formidables moments d’entraide, de confiance et de fous rires, et que mine de rien, à 3 du mat’ sur l’autoroute, ça fait du bien !

  17. Marine dit :

    Tu casse tout le mythe des pompiers !
    Tu brises mes fantasmes ! Abusé !

  18. SaL dit :

    C’est une très mauvais idée de se moquer des pomplards!!
    Premièrement, nous n’avons aucune formation « médicale », ce qui implique qu’on doit se former sur le tas. Il est très difficile et impolie de demander à une « victime » (et non un client pour vous, gratuité pour nous, payant pour vous) d’épeller son médicament ou le nom de sa maladie grave lorsque le bilan est passé au SAMU par téléphone! (on s’en fout de l’orthographe!).
    Ah oui c’est vrai « l’ urgence » chez vous, c’est quand vous arrivez après nous…
    Encore une chose pour ton égoïsme, si tu était en train de manger lorsqu’on t’amène ton client, nous on faisait quoi d’après toi?
    Et qu’est ce que tu penserais si on ne remplissait pas la feuille de bilan et qu’on te dise « qu’il a juste fait un malaise » et qu’on parte?
    Ensuite, je crois qu’on pourrai nous aussi se moquer de toi si tu devais appeler les pompiers pour un feu (allo les pompiers, venez vite ça brûle!! – bonjour madame, c’est quoi qui brûle?- la maison!!! – elle est où cette maison? – devant moi!! – oui madame mais dans quelle ville????? …). ET je préfère arréter là.
    Alors comme on dit à chacun son boulot et faisons le correctement sans se moquer de celui qu’on ne sait pas faire!

    • drfoulard dit :

      Je vous laisserai lire le commentaire de Borée quelques lignes plus haut car je ne dirais pas mieux en ce qui concerne le contenu des fiches d’intervention.
      Du reste, mes billets sont à prendre au second degré comme je le répète sans cesse. Si vous vous détournez quelques minutes de votre colère première et que vous prenez un peu de hauteur, vous verrez que je moque aussi des ambulanciers et de moi même. Quant à mon « égoïsme », ce qui le serait vraiment, ce serait de rester à table et de finir mon repas. J’ai de très bon rapports avec les pompiers, où que ce soit, et si je me permets ce billet, c’est qu’entre nous il y a un vrai travail d’équipe. Je suis plutôt du genre « qui aime bien châtie bien ».
      Et oui, je serais parfaitement ridicule et complètement incompétent voire dangereux dans le rôle de pompier. Mais heureusement, aux urgences, on ne me demande pas encore de monter sur une échelle ni de brancarder dans un escalier. Et si c’était le cas, je ne m’en prendrais pas à celui qui se fout de moi, mais à celui qui me demande de faire ça.
      Alors, si vous passez dans l’hôpital où je bosse, et qu’on a le temps de se poser 5 minutes, je vous inviterai volontiers à boire une tasse de café infâme et vous me raconterez les anecdotes de médecins s’étant ridiculisés en appelant le 15, et promis, je l’écrirai ici.

      Pour info : je n’ai pas de client, je soigne des patients, je ne touche rien, juste mon salaire, au même titre que vous, et celui d’un interne n’est pas bien enviable.

    • Belkanell dit :

      @SaL Vous êtes peut-être un très bon pompier, mais par ce commentaire vous démontrez que vous n’avez pas beaucoup d’esprit ni beaucoup d’humour.
      C’est triste.

    • Marc Le Glaunec dit :

      Voilà: On est dans le typique, dans l’immuable, dans l’éternel, je dirais…
      Il est INTERDIT de se foutre de la tronche des pompiers. C’est tabou, interdit, passible de la cour martiale, et pire encore: c’est politiquement incorrect!
      Je suis d’une génération qui, pendant le deuxième cycle (3ème à 6ème année), pour survivre, se tapaient des gardes dans les casernes, et décalaient en même temps que la VSAB. Et c’est fort intéressant, de passer des nuits dans les casernes de pompiers. On apprend beaucoup de choses. On subit pendant des heures des discours d’extrème droite, des discours sexistes, il y a des rancoeurs, des petitesses d’esprit, des petites vengeances et tout et tout.
      Il y a aussi la solidarité, le gentillesse, l’humour. Il y a toutes les composantes de la nature humaine, ni plus ni moins qu’à l’internat.
      Mais il y a un truc qui me GONFLE: C’est l’héroïsme supposé des pompiers. je serai pompier, ça me gaverai, ça…
      Pas plus héroïques que la femme de service qui nettoie le sol des urgences à 5 heures du matin, ça , c’est sûr.
      Pas trop fatigués quand ils sont de « grande echelle », qui est loin de sortir toutes les nuits.
      Si j’étais pompier, je voudrai juste qu’on me considère comme un professionnel compétent, si je fais mon boulot correctement, ce qui est , fort heureusement, presque toujours le cas.
      Et accessoirement, j’accepterai bien qu’on se moque de moi, parce que sinon, la vie est d’un triste…
      D’ailleurs, j’accepte bien qu’on se moque de moi, médecin, et c’est sûr qu’il y a à faire!!! Ce post reste ouvert, j’imagine, aux nombreux pompiers qui ne sauraient louper l’occasion de « se faire » les médecins. Ça peut être drôle…
      Cela dit, bravo chère et jeune consoeur pour ce fort juste et amusant blog.
      Je le mets dans mon marque page, j’y reviendrai.

  19. Nelly dit :

    Est-ce qu’il ne s’agirait pas d’anguillule ?
    Le papi, il aurait pas des fois bossé dans des eaux pas très claires ? Les patients évoquent volontiers ce genre de souvenir, quand on leur parle de leurs antécédents médicaux.
    Cordial souvenir aux pompiers dont j’ai croisé la route, et dont le dévouement pourrait faire pâlir nombre d’entre nous.

  20. Naï dit :

    Bon ben voilà, je suis revenu pour avoir un nouveau billet demain, et comme je ne voulais pas être revenue que pour ça, j’ai relu, et j’ai re beaucoup ri…

    Voilà, donc re merci ;)

  21. Auré dit :

    Je suis médecin réanimateur. Je regarde toujours attentivement les fiches des pompiers. Si certains termes font parfois sourire, ces fiches sont une précieuse source de renseignements grâce à leur impartialité et leur objectivité. Les renseignements fournis sont souvent bien plus pertinents que bon nombre de CR initiaux des urgences (voire parfois mieux orthographiés…) Beaucoup d’urgentistes devraient les lire avec plus d’attention, voire s’en inspirer pour l’appréhension d’un patient…Cela éviterait bon nombre d’errances diagnostiques.
    Le recueil des paramètres vitaux à la phase toute précoce de la prise en charge est d’une importance capitale, saluons le travail des pompiers qui est toujours très rigoureux sur ce plan.

  22. Dr AM dit :

    J’ai ri ! C’est très drôle.
    Les pompiers sont très précieux et ont toute mon admiration pour leur dévouement.
    Mais là c’est vrai et ça fait du bien.

  23. Raymond dit :

    Il y a « pire » que les pompiers… Les secouristes bénévoles! Faisant partie de cette joyeuse famille, je me permets de dénoncer mes petits camarades (au second degré bien sûr, on m’a toujours dit de faire comme chez les gens chez qui je m’invite :-p ).

    Le pompier qui remplit sa fiche de façon si rigolote, il en fait comparativement un paquet par semaine, des fiches. Alors il est un minimum prédictible. Le bénévole, par contre, si il en fait plus d’une poignée sur le week end, c’est un pompier raté le bout du monde. Alors aux urgences ils ont encore moins l’habitude… Voo parley français? En plus c’est pas les mêmes fiches (trop simple). Ni les mêmes costumes (trop esthétique). Des fois même les procédures du bénévole changent en fonction de la météo l’autorité d’emploi.

    On travaille pour le samu = on peut tenter de négocier sur quel hopital on évacue, même à l’autre bout du département. On travaille pour les pompiers = hopital de secteur pour tous! Oui la dame elle est suivie à XX pour son rhume mais c’est à trois secteurs d’ici, on peut pas l’y emmener, amusez vous pour récupérer son dossier nous on repart en pause café au frais à l’extérieur des urgences en inter.
    Oui c’est pour vous le monsieur qui a vomi partout dans l’ambulance un peu bu, soit on demande la police soit on vous l’améne, devinez ce qui va le plus vite, bon courage les urgences!

    Mon grand plaisir, ça reste quand même de faire signer ma fiche par l’IAO (infirmier/iére d’orientation pour les gens qui se sont trompés de blog incultes).
    - IAO: « Je signe où? »
    - bénévole: « N’importe où, c’est une fiche d’assoce, y a pas de case pour toi, c’est moche, non? »

    - IAO: « Tu me laisses pas la jaune? »
    - bénévole, cas 1: « Ah non ça c’est les pompiers, là c’est une fiche associative la tienne c’est la blanche ».
    - bénévole, cas 2: « Ah non cette jaune là qui me reste c’est une copie pour mon assoce je t’en ai déja laissé une il y a deux secondes t’as l’air crevé tu devrais venir en pause café avec nous »

    Là où il y a une justice c’est qu’on est autant à l’ouest difficiles à décrypter pour les urgences que pour les pompiers eux mêmes. Mais là je vais plutôt aller spammer un blog de pompiers.

    La bise, Raymond.

    PS: attention au mélange des genres pompiers… Le logo de la BSPP pour tailler les volontaires de province, c’est… marrant, en fait. Et en plus eux non plus ils n’ont pas les mêmes fiches, ni les mêmes procédures.

  24. Camilla dit :

    Raymond +1 XD

  25. Cin-ambu dit :

    Etant ambulancière j’ai beaucoup ri!
    A force de lire tous les billets j’ai compri l’humour du drfoulard. Mais même sans le comprendre je reste assez receptive à ce genre d’humour. Et puis il faut arréter de se prendre pour des héros qu’on doit jamais critiquer sérieusement. J’ai adoré ce billet et je dis juste « à quand le prochain billet sur les pompiers et ambulanciers ».
    Faut dire la vérité, les fiches bilans s’est très importants pour le suivi du patient mais il faut avouer que certaines fois on ecrit vite fait mal fait les choses qu’on nous dit à la va-vite par la famille ou autre, sans desfois comprendre ce que l’on a écrit xD mais bon qui sait « au cas où sa serait important, on l’écrit quand même »…

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