Pandore et les écuries d’Augias

Tout récemment sur Twitter, certains ont émis l’idée d’ouvrir un blog ou un forum pour échanger à propos de nos erreurs médicales. Tout est parti de cette vidéo de Brian Goldman. Si vous ne l’avez pas vue, je vous la conseille. C’est un peu long mais on comprend assez bien la problématique.

Bref, tout ça pour dire que c’est probablement une très bonne idée. Ça risque de faire grincer quelques dents au passage. Mais il faut bien que ça commence à bouger quelque part.

Et c’est vrai que de ce côté là, on a du mal à se sortir de nos vieilles habitudes. Les médecins ont un penchant naturel à rester empêtrés dans leurs manies qu’ils gardent précieusement dans un carton à chapeau, histoire de les ressortir au moment opportun.

La première fois que je me suis planté, que j’ai fait une erreur qui aurait pu être lourde de conséquence, c’était en pédiatrie. J’étais interne depuis 2 mois, c’était mon premier semestre et je croyais que mon casier garderait un peu plus sa virginité. Je bossais aux urgences, et je suis passé à côté d’une appendicite chez une nénette de 13 ans. Je l’avais renvoyée gentiment chez elle. Quelques jours plus tard, mon chef m’a pris entre 4 yeux, et m’a appris qu’elle était revenue, qu’elle avait été opérée «juste à temps, à deux doigts de la péritonite », mais qu’elle aurait pu en garder des séquelles. « Elle aurait pu devenir stérile ! Ou pire, elle aurait pu y rester ».

J’étais interne depuis 2 mois. Au début, j’ai voulu tout arrêter. Normal. Finalement, je me suis dit qu’il fallait rebondir. Que je ne me ferais plus jamais avoir. Et j’ai passé des heures à plancher sur le sujet. L’appendicite dans tous ces états. Totalement inutile. Car la même situation, avec un ou deux paramètres différents, dans un autre contexte, ou la même chose mais en changeant de maladie, rien ne dit que je ne recommencerais pas. Les connaissances, on les a tous. Au moins les bases. Et il est illusoire de vouloir tout connaître dans les moindres détails. C’est le reste qui merde. Et jamais on a regardé ce qui s’était passé ce jour là. Pourquoi dans ma tête, c’était le mauvais tiroir qui s’était ouvert. Mon chef m’a juste fait culpabiliser à mort.

La seconde fois, j’étais en troisième semestre d’internat. Ma chef m’avait envoyé dans un autre service pour voir une patiente à sa place. J’ai vu la patiente, j’ai mis un mot dans son dossier et je lui ai prescrit un traitement. Sauf qu’elle avait une contre-indication. Une contre-indication majeure. Une contre-indication qui aurait pu la tuer. Quelqu’un a rattrapé le coup, et au final, ça n’a pas eu de conséquences.

Je n’ai eu aucun retour de ma chef. Par contre, mes collègues, si. Pendant le déjeuner, elle avait été leur dire qu’au bout de mes 5 mois dans son service, faire une telle erreur, c’était quand même assez inquiétant. Mais à moi, elle n’en a jamais parlé. Je suis repassé par les mêmes états de dévalorisation, honte, remords et bonnes résolutions. Et quelles bonnes résolutions ? Celle de vérifier les contre-indications avant de prescrire ? Mais bien sûr ! C’est pas comme si avant ça, je les vérifiai déjà compulsivement, et parfois même dans deux ou trois sources différentes.

La troisième fois, je suis passé à côté d’une infection pulmonaire. C’était aux urgences adultes. Et je crois bien que ça a été la seule fois où ça a été à peu près constructif. Lorsque mon chef m’a fait venir dans son bureau pour m’en parler, il n’a pas remis mes connaissances médicales en question. Il ne m’a pas fait culpabiliser sur les conséquences potentielles. Il m’a simplement aidé à trouver à quel moment ça avait merdé dans mon raisonnement. Comment est-ce que j’aurais dû me méfier des circonstances de travail ce jour là. Comment est-ce que j’aurais dû me méfier de moi-même.

La dernière fois, j’étais en stage en cabinet. J’avais vu un patient à son domicile. Il avait une infection pulmonaire. A ce moment là, une petite voix quelque part me disait qu’il aurait été prudent de l’hospitaliser. Mais la famille était réticente. J’ai téléphoné à mon chef qui connaissait mieux tout ce petit monde. Il m’a écouté d’une oreille distraite et distante et m’a fait comprendre que l’hospitalisation, ok, mais vraiment vraiment vraiment en dernier recours et seulement si c’était vraiment vraiment vraiment nécessaire. Et je ne l’ai pas fait hospitaliser.

2 jours plus tard, j’ai appelé pour prendre des nouvelles. Finalement, la famille avait préféré le faire hospitaliser. Bien bien bien.

Encore 3 jours plus tard, j’ai appelé dans le service. Il était décédé.

J’ai voulu en parler avec mon chef. Comme toute réaction de sa part, j’ai eu un « ah ? ».

Et on est passé au sujet suivant.

Depuis que je remplace, je vois régulièrement des patients qui veulent changer de médecin traitant. Parce que celui chez qui ils allaient avant, c’est un mauvais, qu’il s’est trompé de diagnostic, qu’il n’a pas vu ce qu’il y avait à voir, où qu’il a donné un médicament qu’il n’aurait pas du. Mais si vous saviez. Si vous saviez que je suis passé à côté d’une appendicite. Si vous saviez que je suis passé à côté d’une infection pulmonaire. Si vous saviez que j’ai failli tuer une patiente avec un médicament…

Quand j’avais 5 ans, mes parents ont emménagé dans un petit bled. Quelques années plus tard, j’ai appris que notre nouveau médecin traitant n’était pas beaucoup apprécié en raison d’une « grosse erreur médicale ». Personne ne savait de quoi il s’agissait, ni de qui. Mais il avait cette caractéristique qui le mettait dans la catégorie à part des médecins qui font des erreurs. Sous-entendant qu’il existerait celle des médecins qui n’en font pas. Dès l’âge de 10 ans. Faut pas perdre de temps avec le bourrage de crâne.

Aujourd’hui, ma blouse de remplaçant est encore propre. Mais plus j’avance sans avoir fait de connerie, et plus je me dis que statistiquement, le risque augmente que j’en fasse une. A quel moment est-ce que je vais changer de bord ?

Le pire, c’est que ce jour là, le jour où j’aurais envoyé un patient au casse-pipe, je n’en saurais sans doute rien. Du moins, pas tout de suite. Et un matin, ça me tombera sur le coin du nez. « Vous vous souvenez, Mme machin… ».

Et certains patients s’en iront. C’est normal. C’est tellement ancré. Et de toute manière, quand la confiance n’est plus là, ce n’est plus la peine.

Mais ne croyez pas que le monde est blanc ou noir, et qu’en quittant le navire, vous pourrez vous en remettre à un autre, l’esprit serein. Même si c’est rassurant, et que ça arrange tout le monde de croire encore à ce fantasme d’une médecine immaculée. A commencer par les médecins qui sont bien contents qu’on ne vienne pas les titiller pendant qu’on est occupé à gloser sur celui d’en face qui s’est lamentablement planté.

Et moi, quand je vous vois arriver dans mon bureau, et que vous me dites que vous voulez changez de médecin parce que l’autre a raté son coup, peut-être que je devrais prendre mon courage à deux mains, et vous dire qu’on se rate tous un jour ou l’autre. Mais non, c’est plus confortable comme ça. Pour l’instant. Et quand j’aurais merdé à mon tour, je n’aurais plus qu’à croiser les doigts en espérant que ça fasse le moins de remous possible. Jusqu’à la prochaine.

Tant qu’on continuera à croire que l’erreur médicale est une faute impardonnable, un aveu de faiblesse, tant qu’on laissera nos patients croire qu’on est des bons parce qu’on ne s’est jamais planté, alors qu’en fait c’est juste qu’on ne s’est jamais fait piquer, alors on restera comme ça, à se regarder du coin de l’œil en se demandant qui sera le prochain. Et quand quelqu’un voudra ouvrir sa boîte de pandore, on continuera à détourner bien vite notre regard, en espérant que les éclaboussures s’arrêteront sur le pas de notre porte et qu’elles ne viendront pas lever de soupçons sur ce qui se passe dans nos petits dossiers bien rangés.

PS : Encore merci à toutetrien.fr pour la photo. Faut vraiment que j’aille en faire des nouvelles.

 
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23 réponses à Pandore et les écuries d’Augias

  1. Doclili dit :

    C’est admirablement bien décrit.
    Quand j’ai laissé repartir des urgences un nourrisson déjà deshydraté, je l’ai appris par hasard et j’ai failli être la seule à ne pas le savoir…
    Tout se termine bien mais la peur de l’erreur me taraude tous les jours.

    Bonne continuation

  2. Fluorette dit :

    Merci de l’avoir publié. Mes erreurs me rongent, parce qu’on n’apprend pas à les regarder comme des erreurs qui pourraient nous faire progresser mais comme des fautes inexcusables qu’on doit garder au fond de nous, seuls.
    Merci. J’ai hâte qu’on boive un verre ensemble. La cave est pleine. Elle vous attend.

    • docles2A dit :

      bien d’accord , nos erreurs sont terribles car à chaque fois il y a le sentiment de faute évitable. Je n’avais encore jamais pensé à les noyer ou à me noyer dans l’alcool , mais je pense que je n’ai pas bien compris l’allusion à la cave.

  3. Elisa dit :

    Dans le domaine dans lequel je travaille le droit a l’erreur est une règle. Ca n’empêche pas ceux qui en font de se sentir mal et cela n’empêche pas certains hiérarchiques de ne pas avoir intégré ce droit vis à vis des gens qu’ils encadrent.
    Mais bon dans l’ensemble ça va.
    Chaque erreur est analysée, on cherche pas une méthode d’analyse les causes des erreurs, celles liées au facteur humain sont particulièrement examinées.
    Je travaille dans une industrie à risque dans laquelle il a été pris en compte ces risques, et des mesures matérielles et organisationnelles ( parfois jusqu’à trois niveaux humain de rattrapage possible en plus des niveaux matériels) font que les erreurs n’ont pas de conséquences .
    Pour la médecine est loin de cela alors qu’elle traite l’humain et que les décès ou les mutilisations liés à la pratique des médecin sont multiples ( pour les mutilation je pense en particulier aux hystérectomies, dans une bien moindre mesure de gravité aux épisiotomies,…).
    Si une organisation pour rattraper les erreurs des médecins diplomés ( vos erreurs rattrapées l’ont été lorsque vous n’étiez pas diplomés) existait il serait plus simple d’en chercher les causes et de progresser. Ce serait tout bénéf pour tout le monde : médecins et malades.
    Votre billet est encourageant.

  4. PerrucheG dit :

    Les erreurs nous apprennent à douter. Et le doute me parait être la meilleure manière de ne pas se planter. C’est quand on est trop sûr de soi qu’on fait des conneries…

    Et sinon, nous ne sommes « QUE » des médecins… nous restons faillibles… et c’est important de toujours s’en souvenir!

  5. B dit :

    La métaphore sportive que le Dr Goldman utilise à l’avantage d’être claire, mais caricature la problématique plus qu’elle ne l’enrichit. Malgré l’aspect financier, le monde du sport reste celui du jeu et du pari. À cent lieues de la vie réelle, où lorsque la statistique frappe, elle détruit.

    L’erreur médicale est la somme de deux souffrances dont les facteurs varient en fonction du type d’erreur, et de ses conséquences. Celle du patient, de son entourage, et celle du soignant ou de l’équipe soignante.

    Je suis d’accord avec cette idée qu’il faut partager l’expérience de l’erreur médicale, l’intellectualiser et la verbaliser en réseau. Discuter entre pairs permet d’étudier l’arbre décisionnel et de tendre vers une amélioration de la pratique (ça existe déjà à l’hôpital, j’y ai participé pour une patiente dont j’ai déjà parlé dans un billet http://lebruitdessabots.blogspot.fr/2012/06/apparences.html).
    Alors je suis pour la dissection objective de l’erreur, loin de la diabolisation ou de la stigmatisation ; casser la dynamique complètement fausse du « tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».

    Mais si on se place du côté du patient, ou du consommateur dans l’agro-alimentaire, il apparaît qu’on accepte une certaine marge d’erreur à la condition de ne pas en être la victime, soi-même ou un proche.
    De l’autre côté de la barrière, c’est le caractère de victime qui définit l’erreur. Victime et préjudice. On ne peut pas demander à une victime de comparer le taux de réussite d’une prise en charge diagnostique à celui d’un lanceur. Comme la médecine justifie l’erreur par sa composante « humaine », le patient se vit comme une victime s’opposant alors par ses affects « humains » à tout calcul statistique.
    C’est pourquoi il ne me paraît pas raisonnable d’impliquer le patient dans modulation de l’acceptation de l’erreur dans la culture médicale. Ce serait, à mon avis, se dédouaner de notre responsabilité de « professionnel de santé ».

    Merci pour cet excellent article.

    B.

  6. Utsutsu Mujuro dit :

    Comme j’aurais aimé écrire cet article… moi-même qui suis également médecin remplaçant, je trouve votre témoignage tellement authentique; je partage avec vous également les mêmes incertitudes et les mêmes constats.

    Merci…

  7. Lelen dit :

    Je n’ai toujours pas pris le temps de regarder cette vidéo, mais votre façon de retranscrire votre ressenti sur les « erreurs » commises suffit à se rendre compte que s’en servir pour avancer est une démarche des plus fastidieuses, souvent peu facilitée.

    Ayant déjà regardé des conférences TED sur bien d’autres sujets (notament éducatifs), je pense pour ma part que la façon dont nous faisons nos apprentissages est en partie responsable de notre difficulté à utiliser nos erreurs pour progresser, et non comme sanctions.

    Merci d’avoir pris le temps de partager vos réflexions dans ce post…et merci pour tous les posts précédents d’ailleurs!

    Et merci de prendre le t

  8. Irish dit :

    Tellement d’accord avec ton texte et le commentaire de Fluorette… C’est tout l’intérêt des blogs et de Twitter, on se sent moins seul, on se rend compte qu’ on est plusieurs à avoir la même problématique… Ça fait du bien… Merci

  9. lostdocFr dit :

    Chaque fois qu’un patient tente de justifier son désir de changement par les erreurs ou les insuffisances de son ex médecin, je coupe court et lui demande s’il veut connaitre les miennes.. C’est efficace et ça limite les exigences de résultats.
    Mais derrière, sachant que mes quelques galères procédurières ont toujours été secondaires à des avis lapidaires et mal documentés de confrères imprudents, je me tais et ne donne JAMAIS mon avis sur la qualité de prise en charge de qui que ce soit. J’essaye juste de choisir les bons correspondants.

  10. khee dit :

    MERCI! pour ce billet tellement parlant. Et complètement d’accord avec Fluorette, aussi.
    Je suis infirmière, et des erreurs j’en ai fait, alors que je suis bien jeune dans le métier. Et on attend de nous de ne faire aucune erreur sous peine d’être bon à jeter. Tu l’exprimes vraiment bien.

  11. Docshadok dit :

    Merci pour ce post, effectivement on se plante souvent (j’ai encore bien merde la semaine dernière…) Mais c’est la loi du silence qui prévaut.
    Alors seul face à soi-même on se dit POURQUOI ? Pourquoi j’ai fait ça? Pourquoi j’ai pas tilté…
    Alors que si on pouvait faire ce que dans l’industrie on appelle des retours d’expérience (RETEX) on se poserait la question en terme de COMMENT. Comment j’ai agi, comment ai-je raisonné?
    Et ça change tout de dire Comment plutôt que Pourquoi!
    On est pas dans la culpabilité et le jugement, on débriefe de façon constructive!
    Encore faut-il ne pas être seul…

  12. Docmam dit :

    Très très bien écrit bravo Foulard…
    Des erreurs j’en ai faite aussi, plein, aucune où je sois directement responsable du décès d’un patient, enfin je crois, ou on ne me l’a pas dit.
    Pour pas mal d’entre elles je ne sais même plus exactement de quoi il s’agit, parce qu’on a minimisé les choses, parce qu’on a vite changé de sujet, dans tous les cas chut chut on n’en parle pas.
    Ma dernière en date, avoir baissé la dose de diurétiques d’un patient à l’hôpital… il fallait pas. Il a décompensé et au final est resté 15 jours de plus hospitalisé pour rattraper le coup. Rien de très grave au final… cette fois ci.

    Mais j’ai le même sentiment de malaise à chaque fois qu’un patient vient me voir et passe la moitié de la consultation à parler de l’erreur de son médecin traitant ou du médecin que je remplace…
    Quand il en arrive à « du coup j’aimerais changer » j’ai qu’une envie de dire « NON » très fort… Crois-tu que j’ai envie d’être ton médecin quand je vois la façon dont tu parles de lui et l’absence de confiance et de droit à l’erreur qu’on a ?
    Surtout quand la définition de l’erreur est si vague pour les patients… ça va du retard de diagnostic à l’allergie (non connue) au dernier antibiotique…

    Au final au pire je ne dis rien, parce que j’étais pas là et je ne peux pas juger, au mieux quand j’estime que j’ai les éléments nécessaires en main, je prend la défense du confrère… pas « parce qu’on se protège les uns les autres pour couvrir nos fautes » mais quand je suis sûre qu’il n’y a pas eu faute, ou que j’aurais fait la même…

    Bref effectivement on a tous des expériences à raconter sur le sujet, et elles ont besoin de sortir…

  13. CaroJal dit :

    Ca me rappelle un épisode de Scrubs…

    Tout à fait d’accord sur le fond. Les choses commencent à bouger un peu, cela dit, même si les RMM (Revues de Morbi Mortalité) ne sont pas encore bien développées, c’est intéressant au même titre qu’un épisode de « Peur dans le ciel » : on déroule toute la chaîne des trucs qui ont foiré et on regarde où. Et on se rend compte que c’est rarement la faute d’un seul.

  14. Kalindéa dit :

    Pfiou, il fait du bien, ton billet…
    Je traine un certain nombre de boulets derrière moi depuis le début de mon internat, et je sais qu’il y en a d’autres dont je ne suis même pas au courant… C’est sans doute le plus dur…
    En te lisant je me dis que je vais faire la même démarche, écrire pour se libérer un peu, mais j’ai juste super honte de certains trucs et je crois que je ne suis pas prête à exposer mes erreurs…
    Dans mon secteur, il y a eu des séances « revue de morbi-mortalité », je n’y ai jamais participé, c’est trop difficile de le faire avec des médecins que je connais.
    Et je te rejoins totalement sur les patients qui changent de médecin pour moi, pleins de déception, de rancoeur, de colère, contre celui qui les a suivi jusque là… « Mais vous on m’a dit que vous étiez très bien » Bien sûr bien sûr!… J’hésite à les laisser développer les raisons qui les ont poussés à changer de médecin, mais je trouve ça instructif sur ce qu’ils attendent de leur relation avec leur médecin… Je leur dit toujours que je ne suis pas infaillible, ils me disent toujours que « évidemment, l’erreur est humaine » mais je sais bien que ça ne les empêchera pas de « me quitter » si je ne les satisfais pas…
    Bref…
    Merci pour ce billet en tout cas ^^

  15. Oxymore dit :

    Ouf! Quand j’ai changé de médecin traitant, je lui ai parlé des erreurs de la précédente… En ajoutant que ça n’était pas grave, mais que j’avais moins bien pris qu’elle refuse que j’allaite ma fille pendant qu’elle la vaccinerait.
    Alors que pourtant, hein? C’est nettement moins grave! :)

    Mais dans un cas c’est involontaire et dans l’autre c’est une position délibérée dont il n’était pas possible de discuter.

  16. ingrid dit :

    La médecine devrait s’inspirer des procédures aériennes: les pilotes ont l’obligation de signaler toute erreur, même minime, qui sera ensuite analysée et publiée non dans le but de blâmer mais dans l’objectif d’améliorer constamment la sécurité des vols, les pilotes ont intégrer cette façon de procéder, ça fait partie de leur culture professionnelle, une initiative comme celle dont vous parlez pourrait faire évoluer la mentalité des médecins qui reste quand même très marquée par le silence et le secret en cas d’erreur.

  17. ingrid dit :

    edit: « ont intégré » j’aurais dû écrire

  18. Ping : Syntax error | Le blog de Borée

  19. bleu horizon dit :

    l’erreur est humaine, la faute médicale est plus rare mais cette dernière est impardonnable juridiquement. Rien ne sert de si dire, tout le monde fait des erreurs , c’est vrai que nous en faisons ( et je m’effraie du nombre d’erreurs que nous pouvons faire ), il est intéressant de mettre en place des procédures pour éviter les erreurs. Mais ceci n’est plus accepté socialement . En cas de faute , les CRCI sont un moindre mal , les tribunaux civils un peu plus , le pénal terrible. Votre seconde erreur est une faute qui si elle avait entrainé un décès, en cas de plainte au pénal, vous aurez entrainé sur la voie de la prison avec sursis et un risque de ne jamais être inscrit au tableau de l’ordre. Malheur au médecin qui réitère une faute dans les 5 années suivantes. Tout cela pour dire , nous sommes des délinquants potentiels en puissance.

  20. anne dit :

    je suis médecin anesthésiste . La perfection n’existe évidemment pas : il faut essayer d’être le plus juste possible , ne pas prendre nos actes à la légère mais même comme ça, personne n’est à l’abri d’un cas qui tourne mal , d’une erreur : l’important , c’est de reconnaître qu’il y a quelque chose qui ne va pas et de tout faire pour rattraper la situation , tout faire , signifie aussi en parler à ceux qui peuvent nous aider à redresser la barre , ne pas cacher au patient (famille) que ça ne se passe pas comme prévu mais qu’on va faire ce qu’il faut pour en sortir . Puis , effectivement, il faut essayer de comprendre le pourquoi , le comment pour que ça ne se reproduise plus …en n’oubliant pas que dans certains cas, on n’a aucun pouvoir sur l’évènement qui s’est mal passé

  21. cynthia dit :

    la société actuelle nous conditionne à ne pas avoir droit à l’erreur dans tous les domaines et malheureusement çà plombe notre existence, çà nous culpabilise, çà nous rend plus agressif et çà nous ronge à petit feu.
    Avoir ce sentiment qu’il faut tout réussir sinon nous sommes nuls, çà commence très tôt dans la vie, on nous l’apprend très vite à l’école ne pas se tromper.

  22. Ping : Pandore et les écuries d’Augias | REX-Soignants : Retour d'EXpérience de soignants

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