Cher confrère

Cher confrère,

Je t’écris au sujet de Mme D que tu as vue hier en consultation.

D’après ce qu’elle m’a dit, tu n’as pas beaucoup de temps. Aussi vais-je essayer d’être bref.

Je voulais juste que tu saches 2 ou 3 choses à son sujet. J’ai fait le tri pour ne pas te faire perdre trop de temps.

Elle est venue me voir aujourd’hui en sortant du boulot. Comme d’habitude, elle voulait que je lui fasse ses arrêts de travail. Un pour hier où elle avait les examens et la consultation avec toi afin de préparer sa 3ème insémination artificielle. Et un pour demain et après-demain où elle aura d’autres examens et la fameuse insémination.

Je suis assez étonné que ce ne soit pas toi qui les lui fasses. D’ailleurs, elle te l’a demandé. Mais tu as jugé qu’elle pouvait très bien aller travailler et s’arranger avec son employeur pour qu’il la libère le temps nécessaire, et qu’elle retourne ensuite au boulot. Elle t’a fait comprendre que ce n’était pas possible. C’est là que tu lui as dit de s’adresser à moi.

Je ne sais pas quelles sont tes raisons mais tu as souvent du mal à faire les arrêts maladie des patients que tu as convoqués en consultation, ou qui viennent faire les examens que tu as demandés. Parfois aussi, tu as du mal à faire les bons de transport. Il y a peut-être une très bonne raison à cela, mais elle m’échappe. Pourtant, ça leur éviterait quelques consultations et cavalcades inutiles. Ensuite, il faut que tu saches que Mme D est guichetière à la SNCF. Alors nous, les médecins, quand on est malade, on ne s’arrête pas. C’est un choix personnel. On a beaucoup de boulot, on se croit indispensable, on pense être des surhommes… Mais on ne peut pas en exiger autant des autres. De la même manière, quand on a un rendez-vous, on ferme le cabinet, ou comme toi à l’hôpital, on se fait remplacer par un collègue le temps nécessaire, puis on reprend là où on en était, quitte à finir un peu plus tard. Mais voilà, Mme D est donc guichetière à la SNCF. Si tu prends les transports, tu as du remarqué qu’il y a souvent des guichets fermés. Pas assez de personnel. Alors est-ce que tu penses sérieusement que le N+1 de Mme D va lui dire «okay cocotte, vas-y, prends le temps qu’il faut pour traverser la région et voir ton toubib qui a toujours 2 heures de retard. Je garde la boutique pendant ce temps là, ne t’en fais pas.»

Donc non, tu ne peux pas lui proposer ça. C’est assez mal venu.

Enfin bon, ne t’inquiète pas, je lui ai fait son arrêt pour hier. Même si hier je ne bossais pas, et que du coup, c’est un faux certificat qui pourrait me retomber sur le coin du nez. Et je lui ai aussi fait son arrêt pour demain et après-demain, que j’ai bien sûr signé en date de demain, puisque ce matin elle est allée travailler. Et comme moi demain je ne remplace pas, là aussi, c’est un arrêt qui pourrait facilement poser problème. Mais on n’est plus à ça près.

Ah, et puis j’ai aussi fait les arrêts qu’elle m’a demandés pour son mari. Je n’ai pas eu la chance de le voir, il était au travail. Mais lui aussi s’est absenté hier pour la consultation avec toi et pour les examens que tu avais demandés. Et lui aussi sera aussi absent demain et après-demain.

Alors vraiment, ça aurait été sympa que tu les fasses, ces arrêts. Pour Mme D et puis pour moi qui me bats tout le temps pour que les patients comprennent qu’un certificat, une ordonnance, ou un arrêt, ça se fait en consultation, surtout si je ne les ai jamais vus auparavant. Moi qui refuse de faire les arrêts maladie antidatés parce que c’est à limite de la légalité, sauf quand c’est de ma faute si n’ai pas pu les voir à temps en consultation. Du coup, là, je culpabilise un peu. Parce que si je l’ai fait pour eux, pourquoi je ne le ferais pas pour les autres ? Où est-ce que je mets ma limite à l’exception ? Mais bon, ça ne regarde que mon éthique personnelle, je ne vais pas t’embêter avec mes états d’âme.

Mais rassure toi, Mme D ne t’en veut absolument pas. Elle a bien vu à ton retard et au monde qui attendait pour te voir que tu étais très occupé. D’ailleurs, peut-être que moi aussi je devrais prendre un peu de retard et avoir du monde en salle d’attente. Ça me donnerait sûrement un air un plus sérieux et important.

Elle se dit aussi que c’est normal que tu ne lui poses pas ce genre de question et que tu ne t’intéresses pas à ces choses là de sa vie. Ton travail a l’air si technique : des prises de sang par là, des échographies par ici, des trucs et des bidules que tu trifouilles sur ton ordinateur. Elle sait bien que c’est un travail difficile que tu fais. Alors du coup, elle est bien désolée de devoir me demander tout ça à moi. Elle se rend bien compte que c’est un peu limite. Mais bon, elle est contente, ça lui a fait du bien de discuter un peu.

Voilà. J’espère que je ne t’aurais pas trop retardé.

Bien confraternellement, comme on dit entre nous

Ah oui, au fait, je me suis permis de lui prolonger son arrêt d’une journée après l’insémination, histoire de pousser jusqu’au week-end. Comme elle doit se lever le matin à 3h pour être derrière son guichet à 5h, on n’était pas sûr que ce soit très recommandé. Rapport à la l’insémination. En plus c’est la troisième tentative. Ce serait bien qu’on mette toutes les chances de son côté. Histoire qu’elle n’ait pas de remord, au cas où. Elle voulait t’en parler hier. Mais elle n’a pas osé, tu avais l’air pressé.

 
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23 réponses à Cher confrère

  1. BN dit :

    Ahh ces spécialistes !
    Surtout en PMA , ‘sont pas faciles à approcher en fait .
    On est pas mal intimidé en fait . C’est un peu nos Dieux, alors on ose pas trop leur en demander, ni les brusquer , ni les contrarié et encore moins les contredire . C’est eux qui savent , c’est eux qui peuvent … c’est eux les maîtres … et nous on essaie de se débrouiller avec ça !
    Avec les rendez-vous express après 2h de retard , avec nos journées de boulot perdues, avec nos tonnes d’examen à faire à droite à gauche , avec nos angoisses qui ne trouvent ni réponses ni réconfort … Après tout ça , reste que l’espoir … et quand ça fonctionne pas, c’est quand même vachement dur !

    Sympa d’avoir fait les arrêts pour les 2 … en les anti-dattant qui plus est ! :)

  2. dalidaleau dit :

    Bel échange épistolaire.
    Réaliste et fréquemment rencontrée, cette situation met la lumière sur une pratique peu déontologique…. mais si ce n’était que ça.
    Toute l’humanité de cette personne est mise au placard…
    Indignation de votre part, juste, sincère, à placarder.

  3. Minos dit :

    Juste un mot BRAVO

    Pour tous les niveaux de réflexion.

    #DesBisous comme on dit entré confrères.

  4. docteurdu16 dit :

    Cher confrère,
    Cette exaspération (que nous avons partagée, que nous partageons, que nous partagerons) montre ceci : les super spécialistes que tout le monde nous vante, les super spécialistes que tous les jeunes gens veulent devenir, et je ne parle pas de la PMA qui me paraît être, au delà de quelques succès (et les statistiques sont biaisées), une aberration de la médicalisation de la vie et de la réification de l’enfant, ne sont pas de « vrais » médecins au sens de médecins généralistes qui sont confrontés à la maladie et aux porteurs e la maladie, aux non malades, aux presque malades, et cetera… Les « vrais » médecins, ce sont les généralistes et non ces techniciens froids qui se la pètent et qui ne sont que des ingénieurs du corps…
    La lettre est trop gentille.
    Je propose ceci :
    Cher Monsieur.
    Madame D, la personne dont je suis le médecin traitant et dont vous êtes l’utérologue, est un être humain. Un être humain qui a un mari, une profession, une vie, un petit salaire et qui désire un enfant. Elle mérite considération. Ce n’est pas un utérus sur pattes. Ce n’est pas une sous-citoyenne de seconde zone dont vous pouvez disposer du corps pour en faire selon votre bon plaisir. Je suis son médecin traitant et en tant que médecin traitant je m’occupe de sa personne tout entière et non des parties de son corps. Pourriez-vous, à l’avenir, rédiger des arrêts de travail pour son utérus, écrire des bons de transport pour son utérus afin que la patiente ne soit pas contrainte d’exiger de moi des arrêts de travail antidatés ? Ce serait sympathique et humain.
    Bien à vous.

    Bonne journée à tous.

    • Chantal dit :

      Bravo Drdu16 – bien dit. Je viens d’écrire une lettre à mon futur ex ophtal que le professionel de la médecin devienne d eplue en plus un technicien commercial du domaine médical que de soigner un être vivant. Avant je l’ai malgré tout remercie pour les soins récus.

      A l’auteur de la note: vous avez l’air d’être un vrai médecin. Dommage qu’il soit en voie de disparition. Super texte.

      Bonne journée à tous

  5. Jeanne dit :

    Ou sinon, vu que comme vous le dites dans votre commentaire ce n’est pas vraiment une maladie, on prend des jours de congés comme nous l’avons fait pour ma première FIV (oui, ça en fait quelques uns puisqu’avant la FIV, il y a toutes les inséminations et autres examens) Si le super-spécialiste (qui est froid comme une porte de prison, on est bien d’accord là-dessus et semble effectivement mettre un point d’honneur (surtout en milieu hospitalier d’ailleurs, en libéral hors de prix, on le rencontre moins ce cas de figure, à avoir une salle d’attente pleine à craquer ET consulte à l’hôpital en pratiquant des dépassements d’honoraires…) estime que ça ne nécessite pas un arrêt de travail médicalement parlant, il doit savoir de quoi il parle : quand il doit y avoir arrêt de travail, il y a arrêt de travail de sa part.
    Quant à votre sortie sur la PMA et l’aberration qu’elle représente… elle est rude quand même, non ? Notre enfant n’est pas un petit roi, on l’élève comme s’il était arrivé naturellement, il a le nécessaire pour être heureux mais on n’en fait pas des tonnes. Et je pense que , sans être capricieux, on peut être très malheureux de ne pouvoir avoir d’enfant si l’on en souhaite un… (Je ne suis pas une militante, je ne parle pas de « droit » à la maternité (paternité), je dis juste que quand on a une envie viscérale d’avoir un enfant pour l’élever, le voir grandir, lui apprendre mille petites choses, ça doit être très très difficile de devoir renoncer à tout ça !)

    Ne voyez aucune agression de ma part hein ! Je lis toujours avec bonheur vos notes, mais là, je sais pas, ça m’a touchée personnellement et comme j’avais fait différemment, je voulais témoigner.

    Bonne journée, Dr Foulard.

  6. docteurdu16 dit :

    Que le docteur Foulard me permette de répondre à Jeanne.
    Ne me confondez pas avec le propriétaire du blog. Vous lui prêtez des propos que j’ai tenus.
    Votre cas individuel de PMA et votre bonheur sont bien entendu exemplaires pour vous. Mais je faisais une réflexion générale sur les résultats de la PMA et sur ce que représente la PMA dans notre monde.
    Bonne journée.

    • Jeanne dit :

      Oups, j’avais lu un peu vite votre nom…
      Effectivement, je ne sais rien des études menées sur les résultats en PMA, peut-être sont-elles faussées, peut-être pas…
      Et oui, la PMA peut être biaisée dans un monde de consommateurs, je comprends aussi ce point de vue, on veut tout, tout de suite et, petits enfants capricieux que nous sommes, nous ne supportons pas la frustration de ne pas pouvoir l’obtenir… Et l’enfant tant désiré, devient à son arrivée un trésor qu’on ne veut pas punir, pas priver, etc…
      Mais tout ça, ce sont également des généralités… Et tout comme mon histoire ne peut pas en être une (de généralité), ce scénario ne peut pas s’appliquer à toutes les familles « PMA » non plus !

      • G dit :

        Malheureux de ne pas avoir d’enfant ?

        Mouais, malheureux de ne pas avoir de jouet à exhiber pour satisfaire une norme sociale pour laquelle vous vous engagez dans une PMA qui bousille la santé et coute trop cher à Madame Sécu, qui a mieux à faire que de payer pour des lubies d’aspirantes génitrices.

        Est-ce que vous savez qu’en Suisse, la PMA n’est PAS remboursée par l’assurance maladie ?
        Après tout, si vous voulez absolument rentrer dans cette médecine d’apprentie sorciers, libre à vous.
        Si vous voulez un enfant, libre à vous. Dans ce cas, payez ça de votre poche, de la même façon que vous vous payez un beau vêtement sans quémander à la collectivité de le payer pour vous. Parce que vous croyez que quand vous aurez finalement vêlé parce que « comme ça, vous êtes une vraie femme », vous n’aurez pas à payer la nourriture, l’électricité, les activités sportives, les fournitures scolaires de votre poche ?
        Vous avez aussi peu de sens des responsabilités pour croire que tout vous est du ?
        Ne me sortez pas que « ça vous est du parce que je cotise », un enfant n’est jamais un du. L’enfant n’est jamais un droit, c’est un privilège qui ne doit pas revenir aux irresponsables qui croient que tout est du et font semblant de souffrir pour des avantages indus.

        Autant donc cesser de faire croire que vous êtes désespérée de ne pas avoir d’enfant.
        Le vrai problème est que vous êtes des enfants gâtées qui croient que tout leur est du. Vous préférez donc faire un caprice pour un jouet au supermarché, jouet qui finira dans une poubelle dès qu’il ne donnera plus satisfaction. Comme un enfant de trois ans.
        On peut pardonner ce genre de choses à un enfant de trois ans, mais non à une femme qui a largement dépassé l’âge légal de la majorité. Dans ce cas, pourquoi n’irait-elle pas vendre ses charmes sur le trottoir, puisqu’elle se réduit à un utérus sur pattes qui doit absolument cochonner pour être « une vraie femme » ?

        J’approuve le fait que ces spécialistes refusent de délivrer un arrêt maladie aux aspirantes génitrices uniquement pour le petit confort de ces aspirantes pondeuses.
        Si ces nanas veulent absolument un enfant, à elles de s’arranger avec leur employeur, quitte à épuiser leurs congés payés. A propos, ces nanas feront comment quand le marmot se casse la jambe et qu’elles doivent le chercher en trombe à l’école ? Elles viendront réclamer un arrêt maladie de complaisance au médecin, puisqu’après tout, c’est un peu juste pour reprendre le travail ?

        Qu’elles choisissent la PMA, soit, c’est leur vie. Mais qu’elles n’osent pas demander aux autres d’assumer les conséquences à leur place, que ce soit au niveau financier, par des arrêts maladie de confort, ou bien parce qu’elles versent trois larmes de crocodile pour des avantages indus tellement elles aiment feindre la détresse.
        Dans ce cas, elles n’ont pas le sens des responsabilités pour élever un enfant. Il vaut mieux donc qu’elles soient incapables d’en avoir et qu’elles voient un tant soit peu la chance qu’elles ont d’avoir un toit, de quoi manger à leur faim, un travail, un mari… Au lieu de toujours se plaindre de ce qu’elles n’ont pas. Si elles vont dans les camps de réfugiés du Darfour, elles verront la vraie misère et que leur soi-disant chagrin n’est rien du tout : elles ont absolument tout ce qu’il leur faut, sauf de savoir apprécier ce qu’elles ont au lieu de constamment lorgner sur le panier du voisin.
        Voilà le fond du problème, leur refus de voir tout ce qu’elles ont de bien et de vouloir toujours plus.
        Malheureusement, la médecine ne peut rien pour ces aspirantes génitrices qui croient que tout est du. La médecine n’est malheureusement pas surpruissante, elle ne pourra pas les obliger à partir en mission au Guatemala pour aider un agent de santé à faire face au choléra, ni les obliger à aller construire une école dans un village sud africain pour qu’elles réalisent enfin qu’elles ont plein de choses de bien et que tout ne leur est pas du.

        Dieu sait qu’outre ma moche-mère (qui me dégoute au point de vomir tripes et boyaux), j’en ai connu d’autres au niveau associatif.
        Ces enfants gâtées pourries me débectent à cause de leurs jérémiades suite à leur soi-disant souffrance.
        Le jour où elles se retrouveront en dialyse ou bien à l’article de la mort pour cause de cancer, insuffisance cardiaque, septicémie, AVC…, elles comprendront le sens du mot « souffrance » et la signification de tout le champ lexical de la douleur. Au lieu d’être de nanas pourries gâtées qui veulent absolument vêler pour être de « vraies femmes » alors que ce sont d’abord des irresponsables qui veulent tout, tout de suite. Réjouissons-nous du jour où elles verront que tout ne leur est pas du, qu’elles ne peuvent pas tout avoir et qu’elles ont plein de choses bien dans leur panier.

        • nymous dit :

          SI vous êtes médecin, merci de me préciser où, que je ne tombe JAMAIS sur vous. C’est quoi ces jugements? Vous êtes QUI pour juger de la souffrance des autres?? J’hallucine complétement et j’espère vraiment que vous n’êtes à un/e soignant/e! D’ailleurs c’est vrai ça, de quoi on se plaint hein y’a des gens qui meurt de faim et nous on se plaint qu’on a mal aux dents/au genou/au dos.. bande de pourri gâtés irresponsables qu’on est!

  7. Elea dit :

    La question que je me pose en tant que patiente c’est dans quelle mesure les arrêts de travail portent préjudice au médecin qui les prescrit? Y a-t-il un quota d’arrêt de travail qu’un médecin peut prescrire avant d’avoir des ennuis avec la CPAM?
    Ou alors certains spécialistes ne veulent simplement pas se salir les mains? J’ai accouché il y a 1 mois et demi et ma grossesse a été une vraie galère. Mon métier m’imposait des déplacements en voiture sur des routes de m… à plus de 500 km de chez moi une semaine par mois, en direction d’un désert médical qui plus est. Mon premier gynéco obstétricien (oui je l’ai viré après) m’a dit qu’après les 2 fausses couches précédentes effectivement il fallait renoncer à ces déplacements. Naïve que j’étais je lui demande un certificat, non pas d’arrêt de travail mais attestant que durant la grossesse il fallait renoncer aux déplacements. Mon employeur quant à lui acceptait que je travaille à distance. Et bien non, Monsieur n’a jamais voulu tamponner/signer le papier… Dans le genre double discours ça se posait là. Donc oui c’est la généraliste qui m’a sauvée, mais j’étais mal à l’aise de demander un certificat médical pour un diagnostic qu’elle n’avait pas posé.

    • Fluorette dit :

      @Elea : Oui, il y a des quotas. Mon confrère a été convoqué parce qu’il prescrit trop d’arrêts de travails. Pour la sécu, le médecin a toujours tort. D’abord elle lui envoie un courrier extrêmement blessant puis elle le convoque. Il est allé pour justifier qu’il suit énormément de dépressifs et de cancéreux. Pour la sécu, ce n’est pas suffisant, ils lui ont bien fait comprendre qu’ils l’avaient à l’oeil.
      Le médecin a le cul entre deux chaises : ses patients pour lesquels il aimerait faire au mieux et la sécu qui le flique et attaque avant de réfléchir.

  8. Epitaf_ dit :

    Cher docteur Foulard,

    J’ai persisté, et aujourd’hui je suis « récompensée ».

    Je ne suis que de très rares blogs médicaux car ce n’est pas forcément le genre de lecture que je recherche. Mais il se trouve que j’ai « connu » ta moitié, que je l’apprécie tout particulièrement, et qu’en cela, j’ai eu envie de découvrir qui faisait battre son coeur. Je me suis donc aventurée quelques fois sur ton blog. Quelquefois seulement, parce que les billets que j’avais pu y lire m’avait donné une image de toi assez froide. Je sentais de la tension, de l’agacement, et pour ainsi dire, pas grand chose d’autre. Mais comment cela était-il possible ? Comment cette personne si sensible pouvait partager la vie d’un être si « dur » et en apparence si froide.

    Et puis je suis revenue hier. Et j’ai lu, j’ai vu, j’ai bu… j’ai vaincu. J’ai compris. Et je reviendrai. En un billet, j’ai découvert un docteur Foulard humain, empathique, courageux, et enclin à s’assoir sur son égo pour le bien de ses patients.

    Ce billet est une revendication de plus mais on sent derrière, et avant toute chose, une grande humanité chez son auteur. Je suis heureuse de t’avoir enfin découvert tel que je t’avais imaginé.

  9. Doctorette dit :

    problème très très quotidien, tant pour les arrêts de travail que pour les bons de transport. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut mettre un plâtre à quelqu’un pour 4 semaines, et lui faire un arrêt de travail d’1 semaine en lui demandant de voir ensuite avec son médecin traitant? Ou comment on peut donner un 2ème rdv de consultation à un patient bien trop âgé/malade/handicapé pour venir par ses propres moyens en lui demandant de voir son généraliste pour le bon de transport!

  10. ERLINA dit :

    Certains spécialistes sont effectivement très forts pour ne surtout jamais faire d’arret de travail à leur patient, le plus souvent ils le font dire par leur secrétaire à la quelle les patients osent s’adresser : « non, le grand docteur spécialiste trop occupé ne fait pas d’arret, il faut voir ça avec votre médecin traitant », sous-entendu ;lui ou elle fait ça à tour de bras, c’est son domaine, et est quand même nettement débordé, ben voyons ! c’est prodigieusement agaçant ! Le problème se pose de savoir à qui faire porter les absences des salariés pour des examens ou des consultations…A l’employeur qui octroi ,parfois, (pas souvent en fait), généreusement des jours ou des demi-journées à leurs salariés quand il n’y a pas d’arret de travail ? Aux salariés , à eux de prendre des jours de congés, de RTT , de récup ? A la CPAM , qui rembourse les examens et donc peut aussi verser des indemnités journalières ? Sachant que le plus souvent les 3 premiers jours d’arrêt ne sont pas indemnisés , donc le salarié est perdant ? Aux mutuelles et autres complémentaires et prévoyances ??

  11. Docmam dit :

    Le seul spécialiste que j’ai vu justifier ses refus d’arrêt a réussi à me convaincre… au moins sur ce cas : si le motif de l’arrêt n’apparaît pas sur le volet donné à l’employeur, le tampon du prescripteur oui…
    Et malheureusement quand on voit « psychiatre » par exemple, ça reste connoté, et une partie de secret vole…

  12. DOCDUTRAVAIL dit :

    Franchement vous lui avez envoyé une lettre trop gentille ce super spécialiste. A nous Médecins du Travail ils ne nous répondent même pas ces héros, ni à nos lettres de liaison ni à nos interrogations. Moi j’apprécie plutôt la lettre de docteurdu16 , voilà malheureusement comment il faut leur parler.
    Bravo pour le coté humain et social, j’apprécie beaucoup.

  13. LaureMG dit :

    G je trouve vos propos vraiment choquant… Quant à s’interroger sur le remboursement intégral de l’AMP je suis pour, mais de là à dire que les parents désirent leur enfant comme ils désirent un jouet de supermaché je trouve ça profondément irrespectueux!
    Pour en revenir à nos moutons, je pense personnellement que faire un enfant n’est tout de même pas une maladie. Et même si l’AMP est une technique médicale, je pense quand même qu’un arrêt de travail médical pour le père est légèrement excessif… Qu’il soit auprès de sa femme est une évidence, mais je pense que c’est à lui de poser une journée de congés! Lorsque vous avez RDV chez l’ophtalmo ou pour un déplâtrage par exemple, vous posez un jour de congés! Là très sincèrement je pense que les parents pouvaient aussi poser des jours! Imaginez le coût pout la sécu au terme de 10 FIV…

    • drfoulard dit :

      Je réponds pour ce qui concerne mes propos :

      L’arrêt de travail ne coûte rien à la sécu à cause des jours de carence.

      Concernant la justification de sa présence, le don de sperme se fait le jour même. Du moins c’est ce qu’il me dit. Du coup, ça me paraît assez légitime qu’il soit présent.

      Pour finir, il faut savoir qu’en cas d’infertilité inexpliquée, les deux membres du couple sont pris en charge au titre des Affections Longue Durée non exonérantes. Ils sont tous les deux considérés comme « malades ».
      La sécurité sociale prévoit l’arrêt maladie pour permettre la réalisation d’examens complémentaires ou de soins en rapports avec les ALD.

      Voila, alors entre ce qui est bon pour le patient, ce qui est bon pour la société, ce qui est éthique, ce qui est légal, c’est parfois difficile de trouver la juste mesure.

    • G dit :

      Madame,
      Désolée que vous trouviez ça tellement irrespectueux de dire que ces parents qui veulent un enfant à tout prix par la procréation assistée veulent un enfant comme ils veulent un jouet ! Je persiste et signe.
      Quand bien même cela doive vous déplaire, quand bien même vous considérez que l’on ne ménage pas assez votre pseudo-douleur.

      Ces gens veulent un enfant uniquement pour satisfaire à une norme sociale, uniquement parce que s’ils n’ont pas le dernier jouet qui vient de sortir et dont tout le monde a entendu la publicité matraquée à tous les coins de rue, ils croient que le monde va s’écrouler.
      Ces enfants gâtés veulent toujours plus, toujours mieux que le voisin, des enfants beaux, intelligents, en parfaite santé, un garçon et une fille, une belle maison, une belle voiture, un travail prestigieux pour lequel ils gagnent un million d’euro par mois…
      Le jour où cet enfant n’est plus cet être qui réussit parfaitement à l’école, qu’il n’est pas invité à toutes les fêtes d’anniversaire, qu’il n’est pas un petit enfant sans histoire parce qu’il est la marionnette de ses géniteurs, il est considéré comme une tache qu’il faut enlever à tout prix car elle vient entacher cette quête frénétique d’une perfection bien illusoire.
      J’exagère ? A peine.

      Pourtant, est-ce que la mort viendra frapper à votre porte et vous emporter dans ses bras parce que vous n’avez pas d’enfant sur-le-champ ? Est-ce que vous allez perdre votre travail, ne plus avoir à manger à votre faim, ne plus pouvoir vous abriter sous un toit parce que vous n’avez pas l’enfant parfait que vous cherchez frénétiquement à posséder tel un objet ?

      A force de vouloir vous conformer à tout prix à une norme sociale, qui consomme de l’enfant comme on consomme des paquets de lessives, vous oubliez l’essentiel.

      Votre bonheur ne se résume pas à la taille de votre maison, au nombre de bibelots accumulés dans votre salon, au nombre d’enfants que vous inventoriez à côté des autres meubles et appareils ménagers cumulés, à la taille de votre compte en banque, à la profession de votre homme, à votre intérieur immaculé….
      A force de vouloir posséder des enfants comme vous exigez d’avoir la dernière invention technologique, vous devenez des enfants gâtés qui demandent toujours plus, toujours mieux.
      Vous ne savez plus apprécier les jolies choses que vous avez dans votre panier, trop occupées à lorgner sur ce que possède le voisin parce que celui-ci aurait davantage que vous…
      Pourtant, l’herbe est-elle tellement plus verte chez le voisin ? Est-ce que votre vie serait-elle réellement meilleure si vous étiez propriétaire de X enfants ?

      Pourquoi toujours dévaluer ce qu’on a de bien en se focalisant uniquement sur ce qu’on n’a pas ?

      Certains sont petits, d’autres grands, certains sont intellectuels, d’autres manuels, certains viennent de familles très bourgeoises, d’autres viennent de familles modestes, certains feront Centrale ou Polytechnique alors que d’autres n’auront qu’un CFG (Certificat de Formation Générale) et travailleront dans un ESAT…
      Pourquoi notre France, qui a tellement célébré le slogan « black-blanc-beur » en 1998 et se scandalise de l’homophobie, est en même temps tellement obsédée par l’obligation de disposer d’un enfant à peine d’être une anormale à l’identité de déchet ?

      Pourquoi vous êtes tellement obsédée par votre présumé chagrin que vous refusez de voir l’essentiel, qui n’est pas de cumuler des enfants comme on cumule son fatras d’objets dont on oublie l’existence dans un cagibi moisi ?

      Oui, ces questions ne font guère plaisir à entendre. Elles sont pourtant nécessaires.
      N’en déplaise à celles qui se complaisent à donner l’illusion d’un chagrin dénué de toute réalité.

  14. LaureMG dit :

    Effectivement… Je ne savais pas tout ça, au temps pour moi. Ce qui est certains, et je pense le message fort du poste, c’est que ça n’est pas aux généralistes de faire des arrêts pour des soins réalisés par les spé! (Et dont on ne connaît pas forcément très bien les modalités!)

  15. Anne dit :

    Dr Foulard, merci pour ce couple (au passage j’espère sincèrement pour eux que ça a fonctionné!).

    A ceux qui se demandent pourquoi un arrêt pour la femme et pour l’homme, il y a plusieurs arguments :
    1/ selon le boulot que vous exercez, vous n’avez pas forcément la possibilité de décaler vos horaires, parce que les examens (écho et prise de sang) se font le matin dans la plupart des centres de PMA, qu’il y a souvent beaucoup de retard, et que dans bien des cas vous n’êtes même pas capable de dire à votre employeur à quelle heure vous allez enfin arriver au travail. Il se peut aussi que vous ne puissiez pas poser des jours de congés inopinément (parce que ce que ceux qui ne sont pas passés par la PMA ne se rendent pas compte que vous ne pouvez strictement rien prévoir de votre emploi du temps pendant une stimulation).
    Pour ma part, étant cadre sup, je m’organise un peu comme je veux, donc ça ne posait pas tellement de problème (je faisais 10h-21h au lieu de 9h-20h), mais quand vous bossez en horaires fixes, c’est une autre paire de manches.
    2/ pour le jour de l’insémination, de la ponction ou du transfert, (qu’on ne connaît généralement que deux ou trois jours à l’avance), ce dont vous avez besoin, c’est de repos, une fois l’acte effectué. Pour mettre les chances de votre côté. Parce que bon, c’est techniquement possible de faire un saut à l’élastique après une insémination, mais je pense que ça réduit considérablement les chances qu’il y ait fécondation puis nidation, même si aucune étude ne l’a prouvé. Et puis ce jour-là, vous avez le ventre tout gonflé d’hormones, ça tire, ça fait mal, et faire ne serait-ce qu’une heure de transport, enchaîner sur une journée de boulot, c’est vraiment pas agréable, voire douloureux. Très peu de spécialistes de PMA font un arrêt pour le jour de l’insémination ou du transfert, parce qu’ils sont à mon avis un peu désabusés de tout ça, à force d’en faire, et en oublient les aspects psychologiques et même physiques pour le couple.

    Pour ma part, une généraliste super a accepté de me faire un arrêt d’une semaine pour ma 3° IAC (et ça a été un cas de conscience majeur pour moi de demander un arrêt). Pour les deux premières IAC, négatives, j’ai bossé 60 heures par semaine, parce que dans mon boulot, c’est binaire : tu es là, tu te donnes à fond, ou alors tu n’es pas là et tu restes chez toi à te reposer. Mais lever le pied au boulot, c’est pas possible.
    Alors pendant cette semaine d’arrêt, c’est ce que j’ai fait : je me suis reposée. Je suis restée chez moi. J’ai dormi. Et incroyable, mais l’IAC a marché! Et la « pourrie gâtée capricieuse que je suis » en est ravie… Au passage, merci G pour votre ouverture d’esprit, je ne sais pas ce qui vous anime, ce qu’il est en est de votre rapport à la procréation, mais autant d’obscurantisme, de refus d’entendre la souffrance des couples concernés, je pensais que ça n’existait plus. Il y aurait beaucoup à dire des gentillesses que vous écrivez, mais un élément que me surprend c’est que vous éludez complètement le fait que les hommes aussi peuvent vouloir avoir des enfants. Le désir d’enfant n’est pourtant pas l’apanage des femmes… Et puis vous savez quoi? L’infertilité, ça peut aussi venir d’une maladie grave, par exemple un cancer. Alors ceux qui ont vécu ça, et qui y ont survécu, ont-ils eu assez de malheur à vos yeux pour qu’on puisse leur proposer de remédier aux conséquences de la maladie qu’ils ont surmontée???

  16. tounute dit :

    Mon Dieu, rassurez-moi, G est un troll ? Comment peut-on être aussi borné, médisant, hargneux, haineux ?

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