J’ai autre chose à faire

En général, aux urgences, il est de notoriété commune que le délai d’attente ne fait pas parti des points les plus positifs.

Donc si vous venez aux urgences et que vous attendez seulement 30 minutes avant de voir le médecin, soit vous remerciez Sainte Bernadette patronne des causes perdues, soit vous vous dites que votre état est plus grave que vous ne le pensiez et que votre fin approche (oui parce qu’aux urgences, c’est pas comme à la boucherie de monoprix, on passe pas forcément par ordre d’arrivée, mais aussi selon la gravité, juste pour info, pour éviter un malentendu un jour au cas où).

Mais lui, non.

A peine amené dans le box de consultation par l’infirmière, il tournait déjà comme un fauve en cage. La pauvre étudiante infirmière qui avait le malheur de se trouver là au mauvais moment ne s’en est toujours pas remise.

Généralement, ce genre de patients, une fois leur colère passée sur la malheureuse aide-soignante, adoptent un ton beaucoup plus aimable devant le médecin. Forcément, après avoir bravé l’enregistrement à l’accueil, la salle d’attente, les 3 heures d’attente, les toilettes de la salle d’attente, le poivrot de la salle d’attente, c’est lui qui va décider de leur sort. Donc si prêt du but, ça serait bête de tout foutre en l’air avec une parole malheureuse.

Mais lui non. Inconscient le gars. Sûr de moi, je me dis, c’est bon, il a pourri tout le personnel, il va être calme maintenant. Raté. Je lui ai a peine demandé ce qui l’amenait qu’il me balance qu’on l’a fait honteusement attendre trente minutes. Non mais trente minutes quoi. On n’a pas idée !

Alors évidemment, je me permets de lui faire remarquer que ça représente moins que le temps d’attente des consultations libres de la plupart des généralistes, et encore moins que le temps d’attente à la poste pour retirer un colissimo.

Ah mais oui mais non, parce que monsieur, il a autre chose à faire ! Si si. A 22h, un jeudi soir, il a autre chose à faire que d’attendre 3 heures aux urgences pour une merdouille. Genre moi j’étais en train de réviser mes cours de macramé. En l’occurrence, la merdouille c’était une contracture musculaire. Et donc, il avait pas non plus le temps d’aller chez le médecin traitant. Parce que le monsieur, il a musculation !

 
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5 réponses à J’ai autre chose à faire

  1. Naï dit :

    Ah ben oui hein, y en a qui en tiennent une bonne couche ! La contracture du jeudi soir à 22h ça ne pardonne pas… Félicitation pour le macramé ;)

  2. Baptou le B dit :

    C’est à vérifier, mais c’est Sainte Rita la patronne des causes désespérées ! ;) Les gens aux urgences…

    • drfoulard dit :

      Oh tu sais, moi et les saints ça fait deux. Quand je ne sais pas je prie sainte Bernadette. En même temps je vis dans le peché, et je crois que malheureusement, mes prières resteront vaines. J’irai doublement brûler en enfer.

  3. Docmam dit :

    Oui là on regrette qu’il n’y ait pas plein de monde pour pouvoir aller voir quelqu’un d’autre et le faire poirauter encore plus…

  4. Kewan dit :

    Regretter quoi ?

    En fin d’internat, je leur remettais une heure d’attente dans les dents, à ceux-là. (Exprès. Pas bieeeen !)

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