L’homme orchestre

De la quatrième à la sixième année de médecine, nous sommes grassement rétribués pour nos matinées de stage à l’hôpital. Une bonne centaine d’euros mensuels.

Au-delà du débat sur l’adéquation entre la valeur de cette rémunération et les fonctions annexes remplies (préposé à la photocopieuse, trieur de résultats de laboratoire, brancardier, coursier, pot de fleur), il n’en reste pas moins qu’à la fin du mois, c’est peu pour manger. Alors du temps où j’étais encore chez mes parents, ça ne mettait pas ma vie en danger. Mais du jour où j’ai pris le large, ça s’est révélé très insuffisant.

Il a fallu trouver plein de petits moyens pour arrondir les fins de mois.

J’ai rapidement écarté la possibilité de bouloter des médocs. Je pense d’ailleurs que cette histoire d’étudiants faisant office de cobaye pour des labo pharmaceutiques est une légende. Mais à l’époque j’étais naïf et j’y croyais volontiers.

Par contre j’ai accepté qu’on me colle des électrodes sur le crâne et qu’on enregistre ce qu’il s’y passait, pendant qu’une assistante en blouse blanche me montrait des dessins d’animaux surnaturels ou me faisait écouter des dialogues en portugais. Ça avait le mérite d’être plutôt inoffensif. Mais bon, c’était pas non plus super rémunérateur.

Et puis un jour, je ne sais plus trop comment, je me suis retrouvé à faire office de « patient test » pour une boite qui fabriquait des appareil d’échographie. Le vrai nom du job c’était « modèle ». Dit comme ça, ça impressionnait. Mais dans les faits, c’était beaucoup moins glamour. En fait, je faisais le cobaye pour que des médecins essaient les échographes, avant de se décider à les acheter. Je me retrouvais en bermuda, du gel bleu étalé sur le bide, le torse, les jambes, un coup allongé sur le dos, un coup sur le côté, debout…

Parfois, je participais aux « journées formations » pour les clients. Ça avait lieu dans des hôtels luxueux. Ça faisait visiblement partie du package « client VIP ». Moi, j’avais le droit de taper dans les petits fours du buffet. Et souvent, ils m’invitaient à venir au resto qui était prévu dans le package.

Et puis il y avait aussi les salons. Là? c’était moins agréable. Les médecins passaient à la chaîne pour essayer les appareils. Ils défilaient toute la journée et me demandaient de changer de position toutes les 30 secondes, de me tourner a droite, de lever le t-shirt, de me tourner à gauche, de remonter le bas du pantalon, de montrer mes mollets, de baisser un peu la ceinture, et vas-y que j’te remets un giclée de gel, oups j’ai renversé la moitié du flacon, attention t’en as dans les cheveux…

Honnêtement, c’était plutôt sympa comme job d’étudiant. Pas trop prise de tête, on mangeait bien, et maintenant je sais que j’ai une fuite mitrale insignifiante, qu’à 23 ans, le réseau veineux de mes jambes étaient impeccable, et que les haricots verts me remplissent le colon de gaz ce qui rend ininterprétable une échographie abdominale. Mais au final, ça prenait quand même pas mal de temps. Et surtout, en short, torse nu avec du gel gluant partout, dans des salons surclimatisés, je me les pelais sacrément.

Alors j’ai cherché autre chose.

Ce que j’ai trouvé de mieux, c’était encore infirmier de nuit. Ça n’empiétait pas sur mon emploi du temps d’étudiant et ça payait bien.

Effectivement, les étudiants en médecine peuvent travailler comme infirmier. Un jour, quelqu’un s’est fait la réflexion qu’ils étaient naturellement surdoués, et dotés de compétences leur permettant de dominer toute la hiérarchie des soignants. Et que sous réserve d’avoir accompli un certain nombre d’années d’études, ils pouvaient prétendre à n’importe quelles fonctions. Dont celles d’aide-soignant, ou d’infirmier. Bon, pour infirmier, il faut deux ans de plus que pour aide-soignant. Faut pas non plus tout mélanger…

Des gens se sont pris la tête pour mettre en place des études d’aide-soignant ou d’infirmier, avec un cahier des charges bien spécifique, des compétences à acquérir. Mais nous en médecine, c’est cool, on sait faire, c’est inné. Normal, on a quand même réussi le concours de première année, hein, faut pas l’oublier…

À la décharge de ceux qui ont pondu ce décret, ils voulaient sans doute rendre service en nous permettant de remplir dignement nos assiettes. A l’origine, le but de la manœuvre n’était sans doute pas de remplacer les « vrais » paramédicaux ou d’obtenir une main d’œuvre d’appoint pas cher (quoi que…). Ils se sont probablement dit que les cadres de santé auraient recours aux étudiants en médecine pour des postes pas trop compliqués à tenir, et que lesdits étudiants seraient suffisamment raisonnables pour ne pas se présenter sans un minimum d’acquis en la matière.

Mais voilà, pas du tout.

Juste après le concours de première année, on a bien un stage obligatoire, d’une durée d’un mois, remarquablement qualifié « d’initiation aux soins infirmiers ». Mais s’il y a bien une chose exacte, c’est le terme d’initiation. On aurait pu l’appeler baptême d’infirmier, un peu comme les baptêmes de plongée, ça aurait été tout aussi juste.

Me concernant, sur les 4 semaines de ce stage, je ne garde qu’un souvenir éthéré de la première pour l’avoir passée allongé, les jambes relevées par l’infirmière, pour cause de malaises intempestifs à la vue du sang. Quant aux 3 autres semaines, je devais tellement emmerder les pauvres infirmières qui m’avaient à leur charge qu’elles me lassaient quartier libre pour explorer les couloirs et sous-sols de l’hôpital.

Et pour parfaire l’initiation, sur le mois, il y a avait une semaine à faire de nuit. Semaine que je me souviens avoir passée à l’office du service, à bouffer des biscottes sans sel et de la gelée de groseille toute la nuit, tellement l’inversion du rythme veille-sommeil me retournait la tête.

Heureusement, quelques années plus tard, des infirmières bienveillantes ont pris la peine de m’apprendre les choses de base. Certainement qu’elles étaient très inquiètes à l’idée de laisser les patients aux mains d’étudiants totalement ignorants du minimum exigible.

Et c’est comme ça que, fier de mon bagage, je me suis présenté devant le pire cadre infirmier imaginable : une je-m’en-foutiste, manipulatrice, grossière et méchante. Et tout ça, comme une punition divine, elle le portait sur son physique. C’était dans une clinique chirurgicale qui cherchait du monde pour boucher ponctuellement les trous de son planning. En fait, ce planning, c’était pire que du gruyère. Et si j’avais voulu, j’aurais pu y tenir un plein temps.

Raisonnablement, je me contentais de 2 nuits par semaine. Un étage d’une bonne vingtaine de patients, des sorties de bloc opératoire le soir à 22h avec des malades tout juste réveillés de leur anesthésie générale, des transfusions, des traitements antidouleur par voie intraveineuse. Tout ça pour moi tout seul et mon baptême d’infirmier. Il y avait bien une malheureuse aide-soignante, mais souvent, elle était vacataire comme moi, et se perdait pour faire l’aller-retour entre l’infirmerie et les chambres des patients. On m’avait aussi expliqué qu’un médecin anesthésiste était de garde. Mais il était quasi inexistant : je l’ai appris plus tard au cours d’un épisode malheureux, mais la majorité des nuits, il était chez lui, à 40 bornes de là.

Heureusement, un étage en-dessous, Jean-Michel bossait souvent sur le même roulement que moi. Infirmier ici depuis un bon moment, la cinquantaine, un quintal pour 1,80 m, il passait ses nuits à cloper à la fenêtre en lisant des polars. Du coup, avec lui, ça se passait plutôt bien. Je l’appelais au secours, il venait, réglait ça en deux coups de cuillère à pot, et retournait à sa lucarne. Moyennant quoi, je devais écouter ses histoires. Il allumait une clope roulée méticuleusement et me racontait ses nuits quand il travaillait dans un grand hôpital universitaire parisien, quand c’était pas ce que c’est devenu. Et moi, je l’écoutais en mangeant des biscottes à la gelée de groseille.

Une nuit, l’infirmier du 2ème n’a pas pu venir. Du coup, le monstre qui faisait office de cadre m’a demandé de m’occuper du 2ème en plus du 3ème… J’ai commencé à trouver ça moins drôle.

Là où j’ai pris conscience que c’était vraiment n’importe quoi et où j’ai filé ma démission, c’était une nuit ou une patiente a fait un OAP (un œdème aigu du poumon, c’est à dire que les poumons se remplissent d’eau, généralement parce que le cœur ne suit plus, et qu’en l’absence de soins médicaux d’urgence, il devient très difficile de respirer, un peu comme une noyade). Elle avait été opérée quelques jours plus tôt et allait pourtant bien jusqu’ici. J’étais à quelques mois du début de l’internat, j’avais donc quelques notions solides de ce qu’il fallait faire en temps que médecin. Mais voilà, cette nuit là, j’étais infirmier, et mon statut impliquait qu’en cas de merde, si je sortais de mon rôle, je ne serais pas couvert, ni par les assurances, ni par mes supérieurs. Et de toute manière, pour le bon déroulement des opérations, il convenait de respecter les procédures.

J’ai donc fait ce que j’avais à faire en tant qu’infirmier, et j’ai appelé le réanimateur de garde. Qui m’a dit de mettre la patiente sous oxygène en l’attendant. Sauf que le réanimateur, il était tranquillement chez lui, à 40 km de là. Et que les adaptateurs pour brancher le masque à oxygène sur la prise murale, ce n’étaient pas les bons et qu’il a fallu fouiller les 3 étages de la clinique pour en trouver un qui convienne. Et que le chariot d’urgence que le réanimateur m’a demandé d’ouvrir, quand je l’ai descellé, il était à moitié vide et qu’il y manquait évidemment les ampoules dont il avait besoin.

Ce matin là, en rentrant du boulot, j’ai lamentablement craqué. Mon copain m’a interdit d’y retourner.

J’ai un peu culpabilisé de les planter comme ça. Mais c’était plus raisonnable.

De toute façon, 2 semaines plus tard, j’étais interne. Et on allait enfin pouvoir bosser dans de bonnes conditions…

 
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23 réponses à L’homme orchestre

  1. habib_potter dit :

    Eh beh, j’ai pas fini d’en baver en tant qu’aide soignant/brancardier. En tant qu’infirmier, qui plus est dans le privé, je ne sais pas si j’en aurai eu le courage :)

    • drfoulard dit :

      Très honnêtement, ce sont des jobs que je ne regrette pas d’avoir faits (j’ai aussi été aide-soignant en soins de suite, en maison de retraite, sans compter les boulots hors médical). Au moins, quand un patient te raconte ses difficultés, ou que tu dois travailler en équipe avec des paramédicaux, ton expérience t’apporte un point de vue incomparable.
      Dans le privé, le problème, c’est qu’on te propose un job avec un planning « à la carte » où tu te fais le double de ton salaire d’externe en une nuit. Et quand tu as besoin de fric, tu acceptes, même si tu dois en chier. Et même si c’est dangereux…

      • Docmam dit :

        C’est vrai que lors de mes stages à l’hôpital, le fait d’avoir bossé comme aide soignante ou infirmière m’a beaucoup aidé, rien que dans mes relations avec les équipes paramed ;)

  2. @euphorite dit :

    franchement je te félicite pour ton courage. Même si c’était dur, cela t’a marqué dans ta chair de soignant, et ça, c’est plutôt bon pour les patients.En plus tu écris super bien, on n’en perd pas une miette!

    • drfoulard dit :

      Cette expérience, je ne la regrette pas, effectivement. Et même pour le travail avec les autres professionnels de santé, c’est un réel avantage. Tu comprends mieux ce qu’ils font, comment ils le font, et pourquoi ils le font comme ça et pas autrement.
      J’ai également l’impression que les patients le sentent. Tu n’es pas ce médecin dans sa tour d’ivoire complètement déconnecté de la réalité.

  3. zigmund dit :

    même genre d’expérience comme infirmier : c’est un aide soignant qui m’a enseigné comment faire des IV en 3 ème année lors de mon premier boulot infirmier .(lui n’avait pas le droit d’en faire mais lui savait )
    je vois qu’on ne paye pas mieux les externes que qd j’étais jeune
    un été j’avais choqué tt le monde en acceptant un poste d’infirmier de nuit parce que mieux payé et plus cool que le poste de « faisant fonction d’interne » …

    • drfoulard dit :

      Je connais des internes qui préféraient continuer à prendre des nuits d’infirmier pendant leur internat, plutôt que des gardes de médecine (rapport de rémunération : le double pour une nuit d’infirmier en clinique privée).

  4. Borée dit :

    Légende ? Pas du tout. J’ai eu une belle carrière de rat de laboratoire. C’est bien à une dizaine d’études différentes que j’ai prêté mon corps (ça vaut bien le fait de se faire passer dessus à la chaîne :p ). J’ai connu un syndrome de sevrage et je suis monté à 45 000 blancs mais sinon, ça va, j’ai survécu.

    « De mon temps », c’était encore pire : j’ai pu commencer sur des postes d’AS dès la fin de la P1 et d’infirmier dès la fin de la P2, sans avoir eu aucune formation spécifique (même pas le stage d’initiation) ce qui, a posteriori, était de la folie.
    Du coup, tout au long de mon DCEM, j’ai fini par accumuler l’équivalent de 15 mois de temps-plein d’infirmier ce qui a été très formateur pour plein de petits gestes techniques. Et, je crois, très positif pour ma capacité à travailler en équipe avec les paramédicaux.

    • drfoulard dit :

      Merde, c’était toi le gars le gars qui s’arrachait les cheveux et qui trémulait en bavant parce qu’il faisait son syndrome de manque? Je croyais vraiment que c’était une légende urbaine…

      • Pascal dit :

        Les études cliniques de phase I, une légende ? :) Je vous laisse imaginer comment on mesure l’efficacité de l’orlistat dans ce cadre :-p

    • trouduc dit :

      Excusez du retard, mais ma télé est en panne alors je surfe… Je confirme les dires de Borée, c’est pas une légende, à l’époque ( Mitterrand n’avait pas encore redoublé) pour un long WE « enfermé » dans un service de cardio fermé de l’AP-HP, avec un truc qui te coulait dans un bras et un KT dans l’autre avec des prélèvements toutes les 2 heures, ça rapportait 5000 balles, soit 4 ou 5 mois de traitement d’externe. Bon, on savait pas ce qu’on nous refilait, sauf quand la TA étai vraiment basse, mais on pouvait se payer des vacances pas trop minables…

  5. Minos dit :

    Haha. Très beau post.

    Ça m’amuse de voir que nous avons fait exactement les mêmes choses dans les mêmes conditions à 20 ans d’ecart :-)

    • drfoulard dit :

      Ouais. Et malgré tout, l’étudiant en médecine est toujours cet enfant de nantis, dont les études longues et onéreuses sont supportées par le contribuable qu’il ne sera même pas foutu de bien vouloir aller soigner dans sa campagne…

  6. Docmam dit :

    Je suis un peu sur le cul tellement ton histoire résonne en moi… même contexte, même n’importe quoi, une urgence mal gérée, un craquage, et je les ai planté aussi…
    Ca m’a tellement marqué que j’ai prévu d’en parler aussi, un jour, quand je prendrais le temps de le mettre par écrit…

    • drfoulard dit :

      Profitons en pour profiter pour remercier tous les Jean-Michel qui doivent en voir défiler des vertes et des pas mûres…
      Bon, et toi, Quand est-ce que tu nous racontes tes aventures?

      • Docmam dit :

        Ah ah oui je me souviens très bien de mon Jean Michel aussi, qui ne perdait jamais patience malgré tout ça…
        Je voulais raconter tout ça dans l’ordre chronologique, mais l’envie d’écrire ne suit pas forcément l’envie chronologique ;)

  7. Babeth dit :

    Pendant mes études d’éduc, il y avait des stages à effectuer… mais gratuitement. Alors entre les stages gratis et les cours, peu de place pour un « vrai » boulot rémunéré… Finalement, c’était peut-être pas si mal, je sais pas si j’aurais tenu avec ce genre de charge émotionnelle en plus!

  8. Naï dit :

    Bon ben j’ai bien fait de passer par là ! Encore une fois bravo pour ce billet, tu sais toujours aussi bien allier l’humour, l’émotion, l’information et faire partager ton expérience. Je ne suis pas de « votre » milieu et je n’y connais pas grand chose (moins je vois de médecins et mieux je me porte) mais c’est toujours avec autant de plaisir que je te lis ! D’ailleurs j’aurais donné cher pour te voir avec ton gel bleu étalé partout…

  9. DocBulle dit :

    Belle histoire, bien racontée.

    Et je comprends mieux pourquoi j’ai jamais voulu bosser comme IDE durant les études (oui, je suis une nantie, je créchais chez mes parents ^^)

    J’espère te relire bien vite !

    • doris dit :

      Bonjour,

      belle histoire,
      Juste un petit détail, effectivement, la durée des études est de 1 an pour aide-soignant et de 3 pour le diplôme d’infirmier mais le niveau de recrutement n’est pas le même, niveau brevet des collèges pour aide-soignant et niveau baccalauréat pour infirmier.

      Au plaisir de vous lire à nouveau.

      Doris

  10. drgre dit :

    Souvenirs, souvenirs… Mon expérience à moi est plus rigolote : aux puer en maternité à la fin de la P2, je me suis retrouvée à 19 ans à « apprendre » à des multipares comment laver leur tout nouveau nourrisson!! Du coup, je n’ai jamais franchi le cap du remplacement infirmier, ayant bien anticipé mon incompétence et la dangerosité éventuelle de la chose!
    Et les boulots d’aides opératoires ? ça aussi c’était assez bien payé et pas trop dangereux!

  11. granadille dit :

    Je n’ai jamais compris non plus cette légende de superexterne capable de tout sous prétexte qu’on a su répondre à des QCM. Moi je m’en suis tenue au remplacement d’aide-soignants plusieurs années, et c’était génial. Je me sentais incompétente pour assumer le rôle d’infirmière, et un peu nulle par rapport à mes co externes qui enchaînaient les nuits d’infirmiers. Finalement, je ne m’en porte pas si mal, même si je suis une quiche en prise de sang !
    Merci pour tes articles !

  12. Lilou dit :

    Arfff, ton billet me fait me souvenir de ces incroyables nuits de garde de « sage-femme » alors que je n’étais qu’étudiante en 2ème année…
    Je pense sincèrement qu’il doit y avoir une armée de petits anges gardiens qui font qu’il y a toujours quelqu’un de compétant quelque part dans ces foutues cliniques privées pour gérer des grosses galères des patients pris en charge par des étudiants qui ont besoin de payer leur loyer…

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